Comme chaque année, le ministère de la Santé met en place, du 1er mai au 30 novembre, une période de surveillance renforcée des arboviroses en France métropolitaine. Cette campagne vise à renforcer la vigilance face aux moustiques, en particulier les moustiques tigres, vecteurs des virus responsables de ces maladies.
En effet, depuis le début de l’année 2026, un nombre important de dengue et de chikungunya a été observé en France métropolitaine, avec :
- 50 cas confirmés de chikungunya
- environ 500 cas confirmés de dengue
Cette évolution souligne l’importance de la lutte antivectorielle contre les moustiques tigres, particulièrement pendant la période d’activité des moustiques, propice à leur prolifération.
L’augmentation du nombre de cas autochtones, c’est-à-dire infectés sur le territoire national sans voyage préalable, est souvent liée à l’absence de diagnostic, à la sous-déclaration ou la déclaration tardive de ces cas. Il est donc essentiel de diagnostiquer rapidement les cas grâce à des examens biologiques adéquats, de signaler les cas au plus tôt lorsque les résultats sont positifs et d’être vigilant quant à la présence de moustiques au sein et aux abords des locaux.

Pour mieux comprendre les enjeux liés à cette surveillance renforcée, voici 5 éléments essentiels à savoir sur les arboviroses :
Les arboviroses : définition et agents responsables
Les arboviroses sont des maladies causées par des arbovirus, virus transmis à l’être humain mais également à d’autres espèces vertébrées par certains arthropodes hématophages (qui se nourrissent de sang) tels que les moustiques, les tiques, les phlébotomes ou les Culicoïdes.
La dengue, le chikungunya et le Zika sont des exemples d’arboviroses transmises par des moustiques et notamment par les moustiques tigres du genre Aedes. Le virus du Nil occidental est également un arbovirus transmis par les moustiques communs du genre Culex.
Présence des moustiques tigres, vecteurs des arboviroses, en France
Le moustique tigre du genre Aedes albopictus, originaire d’Asie, s’est largement développé en France métropolitaine depuis 2004. Début 2025, 81 des 96 départements français étaient colonisés par ce moustique. Les départements du sud de la France sont les plus fortement colonisés.
Symptômes associés aux arboviroses
Les symptômes varient selon le virus mais dans la majorité des cas, l’infection par les virus de la dengue, du chikungunya, du Zika ou du virus du Nil occidental est asymptomatique (dans 50 à 90 % des cas).
Lorsqu’ils sont présents, les symptômes incluent :
- des éruptions cutanées
- une fièvre brutale
- des douleurs musculaires et/ou articulaires
- des maux de tête
Des formes plus graves peuvent survenir avec des atteintes pulmonaires, neurologiques ou hémorragiques pouvant aller jusqu’au décès.

Quelle protection face aux arboviroses ?
Il n’existe actuellement pas de traitement spécifique contre les arboviroses. La prise en charge repose principalement sur des traitements symptomatiques.
La prévention repose sur des mesures de protection individuelle : utilisation de répulsifs, port de vêtements couvrants, longs et amples, utilisation de ventilateurs et installation de moustiquaires. Il est également essentiel d’éliminer les eaux stagnantes, qui constituent des gîtes larvaires pour les moustiques.
Ces mesures combinées à la surveillance épidémiologique et à la détection précoce des cas, permettent de renforcer la lutte antivectorielle.
Des vaccins contre la dengue et le chikungunya sont utilisés en prévention mais leur utilisation reste limitée à des populations spécifiques.
Enjeux de la surveillance renforcée en France
Dans un contexte d’augmentation des cas de dengue et de chikungunya en France métropolitaine, probablement liée à l’expansion du moustique tigre, il est essentiel de diagnostiquer et signaler les cas le plus tôt possible afin de limiter la survenue de nouvelles infections, en particulier pendant la période entre mai et novembre, période active des moustiques. Il est important de rappeler que la dengue, le chikungunya, le Zika et la fièvre du Nil occidental sont des maladies à déclaration obligatoire toute l’année.
Le changement climatique, l’urbanisation et l’intensification des échanges internationaux favorisent l’implantation progressive des moustiques vecteurs en Europe. Les arboviroses illustrent les enjeux de santé globale (« One Health ») reliant santé humaine, environnement et dynamiques écologiques.
Pour en savoir plus sur les arboviroses transmises par les moustiques, consultez également nos fiches maladies dédiées à la dengue, au chikungunya et au Zika.
Avant un voyage dans une zone à risque, retrouvez sur l’application Metis de l’Institut Pasteur de Lille des conseils aux voyageurs et des recommandations sanitaires adaptées.
Article rédigé par le Dr Doriane Henry, chargée de communication scientifique à l’Institut Pasteur de Lille (IPL).
FAQ
Les arboviroses sont des maladies virales, comme la dengue, le chikungunya ou le Zika, transmises à l’être humain par des moustiques ou d’autres arthropodes.
En France métropolitaine, le moustique tigre du genre Aedes albopictus est le principal vecteur des arboviroses.
Dans la majorité des cas les arboviroses sont asymptomatiques mais des symptômes grippaux peuvent apparaître comme une fièvre brutale, des douleurs musculaires et/ou articulaires, des maux de tête accompagnés d’éruption cutanée.
Oui. Dans certains cas, des complications neurologiques, hémorragiques ou pulmonaires peuvent survenir pouvant conduire au décès.
Le moustique tigre est implanté dans la majorité des départements français, notamment dans le sud et en expansion progressive vers le nord.
Les arboviroses se transmettent par la piqûre d’un moustique ou d’un autre arthropode infecté. La transmission interhumaine (transmission materno-foetale, transmission sanguine, transmission sexuelle), principalement documentée pour le Zika, est exceptionnelle.
En utilisant des répulsifs, en portant des vêtements couvrants, longs et amples, en utilisant des ventilateurs et en installant des moustiquaires. Il est également recommandé de supprimer les eaux stagnantes.
Il n’existe pas de traitement spécifique contre les arboviroses. La prise en charge repose sur le traitement des symptômes
Pour détecter rapidement les cas, limiter la transmission locale et réduire le risque d’épidémie en France métropolitaine.