Aujourd’hui, la greffe d’îlots pancréatiques, aussi appelés îlots de Langerhans est utilisée pour traiter le diabète de type 1. Cependant les résultats cliniques de ce type de traitement sont très hétérogènes et varient entre les patients et les centres.
À l’heure actuelle, l’évaluation de l’efficacité de la greffe d’îlots repose sur des tests biologiques, notamment la mesure du peptide-C (un marqueur de la sécrétion d’insuline) et l’observation de la rémission du diabète. Cependant, cette évaluation est réalisée à posteriori, après la transplantation, et ne permet pas de prédire en amont l’efficacité de la greffe. Il est également possible de mesurer la stérilité, la viabilité cellulaire, le volume et la masse des îlots pancréatiques, mais ces paramètres sont fort variables et ne reflètent pas la qualité et la fonction des îlots. Il est donc essentiel d’identifier des biomarqueurs permettant de prédire, avant la transplantation, l’efficacité de la greffe des îlots de Langerhans.
L’équipe du Pr Julie Kerr-Conte, au sein du laboratoire de Recherche Translationnelle sur le Diabète dirigé par le Pr François Pattou a mis en évidence le gène NKX6.1 comme potentiel marqueur prédictif pour l’efficacité de la greffe d’îlots de Langerhans.
En effet, ce gène est spécifiquement exprimé par les cellules β des îlots de Langerhans, responsables de la sécrétion d’insuline, et joue un rôle important dans leur différentiation, leur identité et leur maturité, ainsi que dans la régulation de la sécrétion d’insuline. Les chercheurs ont montré qu’une expression élevée de NKX6.1, facilement mesurable dans les îlots destinés à la greffe, est associée à un meilleur taux de réussite des greffes à 10 ans.

De plus, les patients ayant reçu des îlots de Langerhans présentant une expression élevée de NKX6.1 présentent une durée médiane de survie du greffon plus longue de quatre ans par rapport aux patients ayant reçu des îlots présentant une faible expression de ce gène.
Par ailleurs, les chercheurs ont montré que la silymarine, un flavonoïde polyphénolique extrait du chardon-Marie, est capable d’induire l’expression du gène NKX6.1 dans des îlots pancréatiques humains, ce qui suggère que cette molécule pourrait être pertinente pour améliorer la fonction de certains îlots de Langerhans issus de certains donneurs.
Dans l’ensemble, ces résultats indiquent que la mesure de l’expression de NKX6.1 dans les îlots de Langerhans des donneurs pourrait être un bon prédicteur de l’efficacité de la greffe en amont de la transplantation. Il serait pertinent d’intégrer l’évaluation de ce type de marqueurs clés aux contrôles de qualité de routine avant greffe, de la même manière que le volume, la pureté et la viabilité des îlots.
U1190 : “Recherche translationnelle sur le diabète et les maladies métaboliques” INSERM – Université de Lille – CHU de Lille – Institut Pasteur de Lille.
Pasquetti G et al. NKX6.1 mRNA copy number is an actionable biomarker associated with islet function and clinical outcomes after islet transplantation. Sci Transl Med. (2026) doi: 10.1126/scitranslmed.aed3562.