Selon Santé Publique France, avec quatre épisodes de canicule ayant touché 80 % de la population française, l’été 2025 a été le troisième été le plus chaud depuis 1900 en France. Au regard des changements climatiques observés ces dernières années, il est important de prendre conscience que ces épisodes de forte chaleur ne seront plus exceptionnels dans les années à venir, mais feront partie de notre quotidien.

Ces fortes variations de température observées pendant l’été induisent un effort supplémentaire pour notre organisme, en particulier le cœur, ce qui peut entraîner des complications graves notamment cardiovasculaires.

Fortes chaleurs : pourquoi prendre soin de son horloge biologique ?

L’été peut perturber notre horloge biologique

Mais les effets de la période estivale ne s’arrêtent pas là. En effet, avec le changement d’heure, les jours plus longs ou encore la chaleur, l’été peut être synonyme de perturbation pour notre sommeil, et de manière plus générale pour notre rythme circadien, c’est-à-dire notre horloge biologique interne. Elle correspond à un cycle d’environ 24h et régule de nombreuses fonctions de l’organisme, comme la fréquence cardiaque, la régulation de la température, la production d’hormone ou encore l’immunité. Cette horloge est synchronisée par plusieurs donneurs de temps, notamment la lumière et la prise alimentaire.

En été, plusieurs facteurs peuvent désynchroniser ce rythme circadien. Bien que les journées soient plus longues, le changement d’heure retarde l’exposition à la lumière naturelle le matin, un signal essentiel pour synchroniser l’horloge biologique, tout en prolongeant l’exposition à la lumière en soirée. Par ailleurs, les températures élevées, qui retardent ou fragmentent le sommeil, ainsi que les changements de rythme de vie estivaux liés aux vacances (veille plus tard, intensification des moments de convivialité), peuvent également contribuer à cette désynchronisation. Les personnes âgées et les patients atteints de maladies chroniques sont particulièrement vulnérables en raison d’une horloge biologique déjà fragilisée.

L’été peut perturber notre horloge biologique

Quels sont les effets d’une désynchronisation circadienne sur la santé ?

Lorsqu’elle est répétée ou chronique, cette désynchronisation, appelée dissonance circadienne, peut favoriser des déséquilibres métaboliques et inflammatoires, et à plus long terme par exemple, peut participer à l’augmentation du risque de certaines pathologies comme les maladies cardiovasculaires.

Pour se protéger de cette désynchronisation circadienne durant la période estivale, plusieurs conseils peuvent être appliqués :

Le rythme circadien au cœur des recherches de l’Institut Pasteur de Lille

Si les effets de la chaleur sur notre horloge biologique suscitent un intérêt croissant, le rôle du rythme circadien dans notre santé est déjà au cœur de plusieurs travaux de recherche menés à l’Institut Pasteur de Lille. L’équipe du Dr Hélène Duez au sein de l’INSERM UMR 1011 Récepteurs Nucléaires, Maladies Métaboliques et Cardiovasculaires (RNMCD), s’intéresse à l’horloge biologique interne et cherche à comprendre comment celle-ci régule le métabolisme et l’inflammation dans différents contextes physiopathologiques tels que le diabète, la maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD), l’athérosclérose et la régénération musculaire. 

Article réalisé avec la contribution du Dr Benoît Pourcet, maître de conférences au sein de l’équipe 5 “Récepteurs nucléaires dans la biologie circadienne” de l’INSERM UMR 1011 RNMCD à l’Institut Pasteur de Lille.

FAQ – Fortes chaleurs et horloge biologique

L’horloge biologique correspond à des rythmes internes d’environ 24 heures qui régulent de nombreuses fonctions de l’organisme : le cycle veille-sommeil, la température corporelle, la fréquence cardiaque, la production d’hormones, le métabolisme ou encore l’immunité. Ces rythmes sont produits par notre organisme mais sont synchronisés par des signaux extérieurs, appelés « donneurs de temps », comme la lumière ou la prise alimentaire.

L’horloge biologique principale se situe dans le cerveau, au niveau du noyau suprachiasmatique, une petite structure située dans l’hypothalamus. Il agit comme un chef d’orchestre en recevant notamment les informations liées à la lumière et en synchronisant les différentes horloges présentes dans nos organes et nos cellules.

La lumière est le principal synchroniseur de notre horloge biologique. La prise alimentaire joue également un rôle majeur.

La lumière captée par nos yeux transmet un signal au cerveau pour synchroniser notre horloge biologique. Une exposition à la lumière naturelle le matin est essentielle pour régler notre rythme quotidien. À l’inverse, une exposition prolongée à la lumière en soirée, via les écrans et la lumière bleue par exemple, peut retarder l’endormissement en perturbant les signaux favorisant le sommeil.

Le passage à l’heure d’été entraîne un décalage entre notre rythme biologique interne et l’heure sociale. Il réduit notamment l’exposition à la lumière le matin, alors que celle-ci est essentielle pour synchroniser notre horloge. Même si l’organisme s’adapte généralement en quelques jours, ce changement peut perturber temporairement le sommeil, la vigilance et certains paramètres physiologiques, notamment chez les personnes fragiles.

D’un point de vue biologique, l’heure d’hiver est considérée comme plus proche du rythme naturel de notre organisme, car elle permet une meilleure exposition à la lumière le matin. Cette lumière matinale est essentielle pour resynchroniser l’horloge biologique. L’heure d’été permet de profiter davantage de la lumière en soirée, mais peut accentuer le décalage entre notre rythme interne et nos horaires sociaux.

Non. Un trouble du rythme circadien correspond à un décalage entre notre horloge biologique interne et les signaux de notre environnement (lumière, horaires de repas, activité…). L’insomnie désigne des difficultés à dormir suffisamment ou à avoir un sommeil réparateur. Une personne peut donc avoir un rythme circadien décalé sans forcément souffrir d’insomnie.

Lors d’une période de forte chaleur, l’organisme doit fournir un effort supplémentaire pour maintenir sa température. Cela peut entraîner une augmentation de la fréquence cardiaque, une déshydratation et un épaississement du sang, ce qui peut conduire à des conséquences graves sur l’organisme et notamment le cœur. La chaleur perturbe également l’endormissement et la qualité du sommeil, ce qui peut indirectement contribuer à une désynchronisation de l’horloge biologique.

Les personnes âgées et les personnes atteintes de maladies chroniques sont particulièrement vulnérables aux fortes chaleurs. Avec l’âge, l’horloge biologique devient plus fragile et l’organisme s’adapte moins facilement aux changements de rythme. Les patients atteints de maladies comme le diabète, l’obésité ou l’hypertension peuvent également être davantage sensibles aux perturbations liées à la chaleur.

Pour préserver ou resynchroniser son horloge biologique, il est conseillé de s’exposer à la lumière naturelle le matin et de conserver des horaires réguliers pour les repas. En été, il est important d’éviter les décalages trop importants liés aux vacances, comme les repas très tardifs ou les changements fréquents d’horaires de sommeil.

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