Actualités scientifiques

 

Dernières découvertes, récompenses, publications scientifiques sur nos activités de recherche : cancers, maladies cardiovasculaires, obésité, diabète, maladie d’Alzheimer et autres maladies neurodégénératives, maladies infectieuses, asthme, tuberculose, paludisme…

Retrouvez ici toute les actualités scientifiques grand public de la recherche à l’Institut Pasteur de Lille.

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Août 2021

Diabète gestationnel et survenue tardive de maladies métaboliques.
Epigenome-Wide Association Study Reveals Methylation Loci Associated With Offspring Gestational Diabetes Mellitus Exposure and Maternal Methylome.

Mickaël Canouil, Amna Khamis, Elina Keikkala, Sandra Hummel, Stephane Lobbens, Amélie Bonnefond, Fabien Delahaye, Evangelia Tzala, Sanna Mustaniemi , Marja Vääräsmäki, Marjo-Riitta Jarvelin, Sylvain Sebert, Eero Kajantie, Philippe Froguel, Toby Andrew.

Diabetes Care – 2021 Jun 11;dc202960.doi: 10.2337/dc20-2960.

Le diabète gestationnel est associé à un risque de développement d’obésité et de syndrome métabolique chez l’enfant. Lors de la grossesse, le génome du fœtus de mère hyperglycémique pourrait subir des modifications épigénétiques irréversibles. Une équipe franco-anglaise, dirigée par le Professeur Philippe Froguel à l’Institut Pasteur de Lille, a analysé les marques épigénétiques chez 536 paires de mères-enfants finlandaises diabétiques ou non pendant la grossesse. Les chercheurs n’ont pas trouvé de marques épigénétiques communes d’hyperglycémie. Par contre, ils ont identifié plusieurs régions du génome de l’enfant modifiées par le diabète gestationnel en interaction avec l’épigénome maternel, et donc dépendant de l’histoire métabolique de la mère. Ces régions sont connues pour contribuer au diabète de type 2 et à la résistance à l’insuline liée à l’obésité. Ainsi le diabète gestationnel et l’histoire maternelle contribuent à modeler l’épigénome des enfants et donc à la survenue tardive de maladies métaboliques.

Juillet 2021

Vers une meilleure connaissance des mécanismes d’adaptation du bacille de la tuberculose chez l’homme.
Parallel in vivo experimental evolution reveals that increased stress resistance was key for the emergence of persistent tuberculosis bacilli (2021)

Aideen C. Allen, Wladimir Malaga, Cyril Gaudin, Arnaud Volle, Flavie Moreau, Ali Hassan, Catherine Astarie-Dequeker, Antonio Peixoto, Rudy Antoine, Alexandre Pawlik, Wafa Frigui, Céline Berrone, Roland Brosch, Philip Supply, and Christophe Guilhot.

Nature Microbiology – doi.org/10.1038/s41564-021-00938-4

Encore de nos jours, la tuberculose est responsable de plus de 1.5 millions de décès par an dans le monde. La bactérie responsable de cette maladie (Mycobacterium tuberculosis) a évolué au cours du temps pour acquérir la capacité d’infecter son hôte de façon très prolongée. Pour mieux comprendre ce phénomène d’adaptation, l’équipe du Docteur Philip Supply de l’Institut Pasteur de Lille (Centre d’infection et d’Immunité de Lille), et des équipes toulousaine (CNRS UMR 5089) et parisienne (Institut Pasteur) ont essayé de mimer cette transition en laboratoire. Pour cela, les chercheurs ont utilisé des souches bactériennes nommées Mycobacterium canettii, dont les caractéristiques génomiques indiquent qu’elles sont similaires à l’ancêtre de M. tuberculosis. Ces souches persistent moins bien que M. tuberculosis chez l’hôte infecté. Les chercheurs ont cependant réussi à sélectionner des mutants présentant une capacité accrue de persistance chez l’hôte. L’analyse de ces mutations a permis de découvrir de nouvelles voies d’adaptation du bacille, ce qui ouvre des perspectives thérapeutiques très intéressantes dans la lutte contre la tuberculose. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la prestigieuse revue Nature Microbiology.

Avril 2021

Une nouvelle méthode pour visualiser les bactéries intestinales.
Persistence and dynamics of fluorescent Lactobacillus plantarum in the healthy versus inflamed gut.

Salomé-Desnoulez S, Poiret S, Foligné B, Muharram G, Peucelle V, Lafont F and Daniel C.

Gut Microbes 2021 Vol 13 (1) : 1-16; https://doi.org/10.1080/19490976.2021.1897374

Divers outils ont été développés pour étudier l’organisation spatiale du microbiote intestinal ; la plupart étant basés sur l’immunofluorescence ou l’hybridation in situ. Le groupe de Catherine Daniel (Centre d’Infection et d’Immunité de Lille) a développé une nouvelle approche d’imagerie pour étudier la persistance de Lactobacillus plantarum, un probiotique bénéfique pour l’organisme. L’équipe a combiné une technique d’imagerie non invasive du corps entier avec de la microscopie confocale à fluorescence pour évaluer l’impact de l’inflammation intestinale sur la persistance de cette bactérie.  Des projections 3D orthogonales montrent une localisation différente de L. plantarum selon l’état inflammatoire de l’intestin. Ce travail pourrait permettre de mieux comprendre les modalités d’interaction entre les bactéries intestinales et l’organisme ce qui pourrait conduire à des perspectives intéressantes dans la lutte contre les maladies inflammatoires du tube digestif.

Mars 2021

COVID-19 et microbiote intestinal : altération du microbiote intestinal par une infection au SARS-CoV-2.
SARS-CoV-2 infection in nonhuman primates alters the composition and functional activity of the gut microbiota

Harry Sokol, Vanessa Contreras, Pauline Maisonnasse, Aurore Desmons, Benoit Delache, Valentin Sencio, Arnaud Machelart, Angela Brisebarre, Lydie Humbert, Lucie Deryuter, Emilie Gauliard, Severine Heumel, Dominique Rainteau, Nathalie Dereuddre-Bosquet, Elisabeth Menu, Raphael Ho Tsong Fang, Antonin Lamaziere, Loic Brot, Celine Wahl, Cyriane Oeuvray, Nathalie Rolhion, Sylvie van der Werf, Stéphanie Ferreira, Roger Le grand and François Trottein.

Gut Microbes 13(1):1-19. doi: 10.1080/19490976.2021.1893113

Le microbiote intestinal joue un rôle crucial en santé humaine. Ses interactions avec le système immunitaire sont essentielles dans le contrôle des infections, dont les infections respiratoires. De nombreux facteurs altèrent la diversité et la composition du microbiote intestinal. Cette altération, appelée dysbiose, est un facteur aggravant dans de nombreuses pathologies inflammatoires et métaboliques. L’équipe du Dr François Trottein (Centre d’Infection et d’Immunité de Lille), en collaboration étroite avec le CEA, l’INRAE, l’Institut Pasteur de Paris et l’hôpital Saint Antoine à Paris a montré que le coronavirus SARS-CoV-2, l’agent de la COVID-19, induit une dysbiose intestinale. Celle-ci se prolonge dans le temps bien après l’élimination du virus et se caractérise par une modification du métabolisme du microbiote intestinal. Ce phénomène pourrait avoir des conséquences sur la phase aigüe de la pathologie liée au COVID-19 et participer aux effets à long terme de l’infection. Cette hypothèse est actuellement étudiée. Ce travail ouvre des perspectives intéressantes pour mieux comprendre et peut-être contrôler la maladie.

15 Février 2021

Une nouvelle voie d’activation impliquée dans la protection contre la toxoplasmose.
The UPR sensor IRE1alpha promotes dendritic cell responses to control Toxoplasma gondii infection.

Poncet Anais F, Bosteels Victor, Hoffmann Eik, Chehade Sylia, Rennen Sofie, Huot Ludovic, Peucelle Véronique, Maréchal Sandra, Khalife Jamal, Blanchard Nicolas, Janssens Sophie, Marion Sabrina. 

EMBO Rep. 2021 Feb 15:e49617. (doi : 10.15252/embr.201949617).

La réponse UPR (Unfolded Protein Response) est une réponse du réticulum endoplasmique induite pour protéger la cellule contre des stress pouvant altérer sa survie. La toxoplasmose est l’une des parasitoses les plus répandues dans le monde pouvant aboutir à des symptômes sévères chez les individus immuno-déprimés, le fœtus lors de la primo-infection de la femme enceinte et représentant un facteur de risque dans la survenue de maladies mentales. L’équipe du Docteur Sabrina Marion dans le laboratoire Biologie des Parasites Apicomplexes (Centre d’Infection et d’Immunité de Lille), en collaboration étroite avec l’Université de Gand (VIB-IRC), a démontré que suite à l’infection par le parasite Toxoplasma gondii, la réponse UPR est induite dans les cellules dendritiques, les sentinelles du système immunitaire. Cette voie d’activation stimule la production de cytokines pro-inflammatoires et la présentation d’antigènes parasitaires aux lymphocytes T, permettant ainsi d’établir une réponse immunitaire protectrice éliminant l’infection. Cette étude ouvre des perspectives originales visant à utiliser des modulateurs de la réponse UPR pour améliorer les réponses immunitaires contre les agents infectieux.

25 Janvier 2021

Une nouvelle voie d’activation impliquée dans l’asthme allergique lié aux acariens.
NOD1 sensing of house dust mite-derived microbiota promotes allergic experimental asthma.

Saliha Ait Yahia*, Camille Audousset*, Daniel Alvarez-Simon*, Han Vorng, Dieudonnée Togbe, Philippe Marquillies, Myriam Delacre, Stéphanie Rose,  Hélène Bouscayrol, Aline Rifflet, Valérie Quesniaux, Ivo Gomperts Boneca, Mathias Chamaillard, and Anne Tsicopoulos.

J Allergy Clin Immunol, 2021, in press (DOI: https://doi.org/10.1016/j.jaci.2020.12.649).

La sévérité de l’asthme a été reliée à certaines bactéries reconnues par NOD1, un récepteur associé à l’asthme. L’équipe de Anne Tsicopoulos (CIIL-U1019) a évalué si le microbiote de l’hôte ou des acariens (un allergène responsable de la majorité des asthmes allergiques), pouvait influencer la sévérité de l’asthme par le biais du récepteur NOD1. L’équipe a montré que l’inhibition de NOD1 ou de sa voie de signalisation inhibait les paramètres de l’asthme aux acariens, indépendamment du microbiote intestinal de l’hôte. A contrario, des peptidoglycanes dérivés de la famille bactérienne Bartonellaceae, présente chez les acariens, active la voie de signalisation de NOD1 dans les cellules épithéliales. Quand les acariens sont appauvris en peptidoglycanes, ils s’avèrent moins apte à induire de l’asthme. Ces résultats suggèrent que la détection par NOD1 de certaines bactéries associées aux acariens, aggrave la sévérité de l’asthme in vivo, et qu’inhiber cette voie pourrait être une approche thérapeutique pour traiter l’asthme.

7 Janvier 2021

TgAP2IX-5 is a key transcriptional regulator of the asexual cell cycle division in Toxoplasma gondii.

Asma S. Khelifa, Cecilia Guillen Sanchez, Kevin M. Lesage, Ludovic Huot, Thomas Mouveaux, Pierre Pericard, Nicolas Barois, Helene Touzet, Guillemette Marot, Emmanuel Roger et Mathieu Gissot.

Nat Commun 12, 116 (2021). (https://doi.org/10.1038/s41467-020-20216-x).

La virulence des parasites causant la toxoplasmose ou le paludisme repose sur leur capacité à se multiplier rapidement. Comprendre les mécanismes permettant l’organisation et la coordination de la division chez ces parasites est donc essentiel pour les combattre. L’équipe menée par le Dr Gissot, du Centre d’Infection et d’Immunité de Lille, apporte des réponses à cette question dans un article publié dans la revue Nature Communications. Les chercheurs ont identifié une protéine qui coordonne la division et dicte le bon moment pour produire les parasites filles. En absence de cette protéine, le parasite n’est plus capable de se multiplier. De plus, la présence ou l’absence de cette protéine détermine le choix du parasite quant aux différents modes de division simplifiés utilisés pour sa croissance. Cette étude permet donc de mieux comprendre comment ces parasites ont pu évoluer des modes de division flexible leur permettant de proliférer dans un grand nombre d’organismes et montre que cette protéine est une clé de voute de la pathogénicité du parasite ouvrant la voie à de nouvelles possibilités thérapeutiques.

Janvier 2021

Differential transcript usage unravels gene expression alterations in Alzheimer’s disease human brain.

Marques-Coelho D, Iohan LCC, Melo de Farias AR, Flaig A, The Brainbank Neuro-CEB Neuropathology Network, Lambert JC, Costa MR.

NPJ Aging and Mechanisms of Disease, Janurary 2021, (doi : 10.1038/s41514-020-00052-5).

La maladie d’Alzheimer est la principale cause de démence chez les personnes âgées. Les processus physiopathologiques sont encore mal compris. L’équipe de Marcos COSTA à l’Institut Pasteur de Lille (U1167) a analysé l’expression des gènes dans différentes régions du cerveau de sujets adultes en bonne santé ou développant la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs ont découvert, qu’aux premiers stades de la maladie, certaines régions du cerveau comme l’hippocampe et le cortex entorhinal ont une expression génique altérée. Les chercheurs ont montré que les neurones et les cellules microgliales sont particulièrement touchées. Ces résultats permettent de mieux comprendre le processus moléculaire associé aux étapes précoces de la maladie d’Alzheimer et pourraient à terme conduire à l’identification de cibles thérapeutiques.

15 décembre 2020

Endotheliopathy is induced by plasma from critically ill patients and associated with organ failure in severe COVID-19.

Rauch A, Dupont A, Goutay J, Caplan M, Staessens S, Moussa M, Jeanpierre E, Corseaux D, Lefevre G, Lasalle F, Faure K, Lambert M, Duhamel A, Labreuche J, Garrigue D, De Meyer SF, Staels B, Van Belle E, Vincent F, Kipnis E, Lenting PJ, Poissy J and Susen S.

Circulation. 2020 Nov 10;142(19):1881-1884

Les patients atteints de COVID-19 sévère peuvent développer des dommages au niveau de l’endothélium, un tissu qui tapisse la paroi interne des vaisseaux et du cœur. Ce processus peut évoluer vers une endothéliopathie qui peut compliquer l’infection par le coronavirus SARS-CoV-2. Les mécanismes impliqués et les conséquences exactes sont encore peu compris. Il est probable que les dommages au niveau de l’endothélium participent à la pathologie et éventuellement au décès des patients. Une étude récente menée par l’équipe de Sophie SUSEN à l’Institut Pasteur de Lille (U1011-EGID, Professeur B Staels), en lien étroit avec le CHU de Lille, a montré que les dommages au niveau de l’endothélium ne sont pas dus à une atteinte virale directe mais à des facteurs présents dans le sang des patients. Cette étude publiée dans la revue Circulation représente une avancée majeure dans le domaine. Le modèle mis en place par les auteurs, et qui consiste à quantifier les lésions endothéliales  en réponse aux sérums des patients, permettra peut-être d’identifier les facteurs circulants directement impliqués dans l’atteinte endothéliale.

15 octobre 2020

Antibiotic-related gut dysbiosis induces lung immunodepression and worsens lung infection in mice.

Rodrigue Dessein, Marvin BauduinTeddy GrandjeanRémi Le GuernMartin FigeacDelphine BeuryKarine FaureChristelle FaveeuwBenoit GueryPhilippe Gosset, Eric Kipniss.

Crit Care. 2020 Oct 15;24(1):611.

Les traitements prolongés par antibiotiques à large spectre peuvent diminuer les mécanismes de défense contre les agents pathogènes et ainsi favoriser les infections. Une équipe du Centre d’Infection et d’Immunité de Lille a démontré qu’un traitement prolongé à la vancomycine et à la colistine chez la souris aggrave une infection par Pseudomonas aeruginosa, bactérie responsable d’infections nosocomiales chez l’homme. Cet effet est associé à des modifications dans la composition du microbiote intestinal (mais pas pulmonaire) et à une altération de la myélopoièse, le processus de développement des cellules immunitaires dans la moelle osseuse. Les cellules dendritiques et les monocytes/macrophages, sentinelles de notre système immunitaire, sont particulièrement atteintes par le traitement antibiotique, aboutissant à une immunodépression pulmonaire. De façon intéressante, le traitement par le Flt3 ligand, un facteur capable de moduler l’activité hématopoïétique, restaure les mécanismes de défense. Ce travail a été publié dans la revue Critical Care en Octobre 2020.

17 septembre 2020

Deep amplicon sequencing for culture-free prediction of susceptibility or resistance to 13 anti-tuberculous drugs.
Jouet A, Gaudin C, Badalato N, Alix-Béguec C, Duthoy S, Ferré A, Diels M, Laurent Y, Contreras S, Feuerriegel S, Niemann S, André E, Kaswa MK, Tagliani E, Cabibbe A, Mathys V, Cirillo D, de Jong BC, Rigouts L, Supply P.

Eur Respir J. 2020 Sep 17. pii: 2002338

La tuberculose multirésistante aux antibiotiques représente un tiers de la mortalité due à la résistance aux antimicrobiens. Les tests diagnostiques standards nécessitent des cultures qui peuvent prendre plusieurs semaines, ou ne dépistent qu’un nombre réduit de mutations liées à la résistance. L’étude publiée dans le European Respiratory Journal  décrit et évalue exhaustivement pour la première fois un nouveau test moléculaire, appelé Deeplex Myc-TB, directement applicable sur des échantillons cliniques sans culture, et capable de prédire la résistance à 13 classes de médicaments antituberculeux. Les résultats obtenus sur base d’analyse de plusieurs milliers de souches bactériennes et d’échantillons cliniques démontrent son haut degré de précision par rapport aux tests de référence. Ces données soutiennent l’utilisation à plus grande échelle de ce nouveau test, déjà exploité par l’OMS pour des études de surveillance de la tuberculose antibiorésistante. Ce test moléculaire a été développé par la société Genoscreen, implantée sur le campus de l’Institut Pasteur de Lille, avec la collaboration de l’équipe du Docteur Philippe Supply (Centre d’infection et d’Immunité de Lille).

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17 juillet 2020

Safety and immunogenicity of the live attenuated intranasal pertussis vaccine BPZE1 : a phase 1b, double-blind, randomised, placebo-controlled dose-escalation study.

Jahnmatz M, Richert L, Al-Tawil N, Storsaeter J, Colin C, Bauduin C, Thalen M, Solovay K, Rubin K, Mielcarek N, Thorstensson R, Locht C; BPZE1 study team.

Lancet Infect Dis. 2020 Jul 17:S1473-3099(20)30274-7.

La coqueluche est une maladie respiratoire due à la bactérie “Bordetella pertussis”. Elle peut être grave chez les personnes fragiles et les nourrissons. La maladie tend à se développer dans le monde ; un phénomène lié au fait que les vaccins actuels sont efficaces contre la maladie, mais n’empêchent pas l’infection. L’équipe du Dr Camille Locht (Centre d’infection et d’Immunité de Lille) a mis au point un nouveau vaccin, baptisé BPZE1. Celui-ci a été formulé  à partir d’une souche de bactérie dont les trois principaux gènes de virulence ont été mutés ou enlevés. L’article publié dans la prestigieuse revue The Lancet Infectious Diseases présente les résultats d’un essai clinique de phase 1 chez l’homme. Le vaccin montre un très bon profil de sécurité et une très bonne efficacité en termes de production d’anticorps et cela de façon prolongée dans le temps (un an). Ces travaux, menés en collaboration avec le Karolinska Institute en Suède, sont prometteurs et justifient pleinement la poursuite des essais cliniques de phase 2, actuellement en cours aux Etats-Unis.

11 mai 2020

Hepatic molecular signatures highlight the sexual dimorphism of Non-Alcoholic SteatoHepatitis.

Vandel J, Dubois-Chevalier J, Gheeraert C, Derudas B, Raverdy V, Thuillier D, Van Gaal L, Francque S, Pattou F, Staels B, Eeckhoute J, Lefebvre P.

Hepatology. 2020 May 11. doi: 10.1002/hep.31312

Il n’existe actuellement aucun traitement médicamenteux contre la stéatohépatite non alcoolique (NASH) encore appelée la maladie du soda ou du foie gras. Cette maladie, qui peut évoluer vers la cirrhose, est en pleine expansion : 1 personne sur 5 étant touchée en France. L’équipe du Dr Philippe Lefevre (U1011-EGID, Institut Pasteur de Lille) a analysé plus de 900 biopsies de foie de patients obèses. Par des approches d’analyse d’expression génique et de bioinformatique, l’équipe a pu très finement caractériser une signature qui rend compte du stade évolutif de la maladie. Cette signature est différente en fonction du sexe. Ce travail ouvre des perspectives très intéressantes dans le domaine avec des applications futures sur le plan thérapeutique. Ces travaux novateurs ont été publiés dans la revue Hepatology.