La maladie d’Alzheimer et les démences apparentées sont des pathologies complexes, dans lesquelles la génétique joue un rôle majeur. Une importante collaboration internationale, coordonnée notamment par des chercheurs de l’unité INSERM UMR1167 dirigée par le Dr. Jean-Charles Lambert au sein du campus de l’Institut Pasteur de Lille, a récemment publié dans Nature Genetics l’une des plus vastes études génétiques réalisée à ce jour sur ces pathologies.

Une étude génétique d’une ampleur inédite pour mieux comprendre la maladie d’Alzheimer

S’appuyant sur les données de plusieurs grands consortiums internationaux portant sur des cohortes de patients d’ascendance européenne, les chercheurs ont conduit une méta-analyse afin de mieux distinguer les facteurs génétiques spécifiquement impliqués dans la maladie d’Alzheimer de ceux associés plus largement aux démences apparentées. L’étude repose sur l’analyse de 128 000 patients atteints de la maladie d’Alzheimer, de démences associées ou considérés comme “proxy” (c’est-à-dire des individus dont un proche parent est atteint), ainsi que près de 850 000 patients témoins.

Cette analyse a permis d’identifier 91 régions du génome associées au risque de développer la maladie d’Alzheimer ou une démence apparentée. Les chercheurs ont également confirmé l’implication de plusieurs régions génétiques déjà connues, tout en mettant en évidence 16 nouvelles régions, jamais associées auparavant à ces pathologies dans les populations européennes. Parmi l’ensemble de ces régions du génome, 56 sont spécifiquement détectées dans des formes cliniques diagnostiquées de la maladie d’Alzheimer.

De nouvelles perspectives pour le diagnostic et la médecine personnalisée

Au-delà de l’identification de nouveaux facteurs génétiques, les résultats montrent une forte association à plusieurs voies biologiques déjà impliquées dans la maladie d’Alzheimer, notamment :

Les auteurs ont également développé des scores de risque polygéniques intégrant l’ensemble des régions génétiques identifiées, à l’exception du gène APOE, principal facteur génétique connu de la maladie. Ces scores semblent refléter plus spécifiquement la maladie d’Alzheimer que d’autres pathologies neurodégénératives, renforçant ainsi la spécificité de ces résultats pour la maladie.

Ces découvertes sont d’autant plus importantes que la maladie d’Alzheimer concerne près d’un million de personnes en France et touche majoritairement les personnes âgées. Dans un contexte de vieillissement de la population et d’allongement de l’espérance de vie, mieux comprendre les mécanismes biologiques de la maladie constitue un enjeu majeur pour améliorer la stratification des patients, affiner le diagnostic et développer des approches de médecine personnalisée plus adaptées à chaque individu. 

U1167 : “Approches épidémiologiques et moléculaires intégratives visant à améliorer la compréhension des maladies chroniques liées au vieillissement” 
INSERM – Université de Lille – CHU de Lille – Institut Pasteur de Lille 

EADB., EADI., Bonn. et al. Consensus meta-analysis of genome-wide association studies for Alzheimer’s disease and related dementias. Nat Genet (2026). Consensus meta-analysis of genome-wide association studies for Alzheimer’s disease and related demen…