Le rapport de la Cour des Comptes, publié ce lundi 27 avril 2026, rappelle avec force une réalité encore trop sous-estimée : la qualité des soins ne se mesure pas seulement à l’excellence des actes, mais aussi à la capacité à prévenir les risques associés.

Les infections nosocomiales, qui touchent environ 6% des patients hospitalisés et causent près de 4 000 décès par an, en sont une illustration majeure. Ces infections révèlent une fragilité structurelle : elles sont souvent liées aux propres bactéries du patient, rendues dangereuses par les soins eux-mêmes et aggravées par la montée de l’antibiorésistance. Lorsque les antibiotiques ne fonctionnent plus, c’est toute la médecine moderne – chirurgie, réanimation, oncologie – qui vacille.

Face à cette menace, la réponse ne peut être uniquement organisationnelle ou préventive : elle doit être aussi scientifique.

À l’Institut Pasteur de Lille, nos équipes sont pleinement mobilisées pour comprendre les mécanismes de résistance, mais surtout pour découvrir de nouvelles classes d’antibiotiques, capables de contourner ces résistances.

Pour y parvenir, l’Institut Pasteur de Lille a inauguré en mars son Drug Discovery Center : 1 500 m² de laboratoires ultra-modernes dédiés à l’innovation thérapeutique. Grâce à la plus grande chimiothèque d’Europe et au savoir-faire de ses chimistes médicinaux, ce centre permet de synthétiser des molécules anti-infectieuses inédites. C’est le cas de l’Alpibectir, un nouvel antibiotique prometteur développé pour combattre les résistances aux traitements de la tuberculose. 

Parallèlement, des approches radicalement nouvelles émergent, comme l’exploration des environnements extrêmes, notamment les abysses marins, pour identifier des peptides antimicrobiens aux propriétés uniques. Cette recherche, à la frontière de la science et de l’exploration, ouvre aussi la voie aux antibiotiques de demain.

Ce rapport est donc plus qu’un constat : c’est un appel à accélerer.

Accélérer la recherche, l’innovation et leur transformation en traitements concrets, pour faire de la lutte contre les infections nosocomiales et l’antibiorésistance un pilier central de la qualité des soins.