Pédaler pour faire avancer la recherche. À 58 ans, Philippe Cattez s’est lancé dans un tour de France à vélo pas comme les autres : une aventure de cyclo‑randonnée au long cours, menée en solitaire, pour transformer chaque kilomètre parcouru en un soutien concret à la recherche médicale. De Dunkerque à Brest, puis bientôt jusqu’à Bordeaux, son défi sportif devient un message d’espoir pour les personnes touchées par des maladies auto‑immunes et dégénératives, au profit de l’Institut Pasteur de Lille.

Pouvez-vous vous présenter et nous dire comment est venu votre projet de rouler à vélo ? et l’envie d’associer vos défis sportifs à une cause de santé nationale ?
Bonjour, j’ai 58 ans et j’habite Bailleul dans les Flandres. J’ai commencé à rouler à vélo dès l’âge de 12 ans lorsque j’allais de temps en temps au collège à 7 kms de la maison familiale à bicyclette avec mes amis. Depuis ce moment, je roule régulièrement, en clubs cyclos, avec le club de Boeschèpe en Flandre et son moulin, et très récemment avec le club de Bailleul, le dimanche matin, la ville et son beffroi. J’aime aussi le vtt et je participe aux différents brevets organisés dans la Région des Hauts de France. J’ai découvert la cyclo-randonnée tout à fait par hasard en désirant me rendre à Saint Jacques de Compostelle depuis Saint Jean-Pied-de-Port avec une équipe de cyclistes de Paris. Pour réaliser ce défi au long court, j’ai acheté un VTC d’occasion que j’ai équipé de deux sacoches en améliorant son équipement, grâce au Garage à Vélo de Bailleul… et c’est ainsi que j’ai eu l’occasion de traverser le Nord de l’Espagne pour me rendre à la Compostella pour retirer mon Passeport de Saint-Jacques de Compostelle en 2023… ce premier grand voyage à vélo m’a donné le goût de l’aventure en cyclo-randonnée par de nombreuses rencontres notamment avec les communautés Warshowers et Cyclododo qui hébergent et offrent le couvert au cyclo randonneurs en chemin…. En 2024, je relie ensuite Bailleul-Lourdes en 10 jours, pari gagné avec mon beau-père, déjà sur place entouré de sa famille quelques mois avant de nous quitter. Mes arrivées successives à Lourdes et à Saint Jacques de Compostelle furent des moments forts. Ce fut sans doute le déclic pour poursuivre ce genre d’aventure au service des personnes malades ou en souffrances physiques, atteintes notamment de ces maladies invisibles que l’on nomme auto-immunes.
Vous avez commencé un tour de France à vélo, quelles sont les étapes déjà réalisées ? et plus particulièrement pourquoi au soutien de la recherche ?
Effectivement, j’ai commencé un tour de France à Vélo en cyclo-randonnée avec le même vélo et les mêmes sacoches, je mets mon petit drapeau des Flandres à l’arrière de mon vélo ce qui invitent les automobilistes à ralentir tout en croisant des personnes qui souhaitent échanger au fil de mon parcours, d’où le nom sur ma page Facebook et Insta « danslefildesroues » ! J’ai démarré la première étape en 2024 par un Dunkerque-Deauville, en longeant toute la côte maritime jusqu’au sommet du Cotentin Est et Ouest en passant ensuite par le Mont Saint-Michel. En 2025, j’ai repris mon vélo depuis les planches de Deauville pour me rendre à Brest toujours en longeant la mer, j’ai ainsi pu découvrir tout le littoral du nord de la Bretagne, notamment la magnifique côte de granite rose. A cette occasion, j’ai mis en place une cagnotte au kilomètre pour récupérer des pièces rouges, j’ai ainsi pu récolter nos petites pièces rouges du fond du porte-monnaie tout au long du parcours sous la forme d’une cagnotte en ligne, somme que j’ai remise à l’Institut Pasteur de Lille à mon retour.
Pourquoi avoir choisi de flécher votre engagement vers les travaux menés par les équipes de Recherche de l’Institut Pasteur de Lille ?
Pourquoi la Recherche ? Avant tout en communion avec les personnes qui ne peuvent réaliser cette expérience sportive assez physique. J’ai cette énergie que d’autres n’ont pas, et c’est une vraie chance, j’en suis conscient et je remercie le ciel tous les jours ! Je souhaite non seulement faire profiter de mon voyage à mes amis (es) et tous ceux qui me suivent, au travers de mes rencontres, mais surtout de mettre cette énergie au service de la Recherche médicale…. les retours, témoignages, soutiens, messages sont d’un réconfort impressionnant à la motivation pour réaliser tous ces kilomètres en solitaire en pédalant plusieurs heures par jour avec un poids contenu de bagages de 18 kgs ! …. Ainsi les kilomètres avalés dans ce tour de France à vélo prennent tout leur sens ! Le temps passé sur la selle et l’effort consacré sur les pédales me font relativiser toute souffrance au regard des personnes atteintes de toutes formes de maladies notamment dégénératives et auto-immunes.
L’an dernier, vous aviez mis en place une cagnotte au profit de l’Institut : quel regard portez-vous aujourd’hui sur cette mobilisation ?
On sait que les sciences du vivant sont à l’origine de progrès majeurs pour la santé humaine : les vaccins, les anti-corps et les médicaments nous ont permis de vaincre des maladies graves comme la rage, la peste, la variole ou le tétanos, et d’en maîtriser d’autres non moins importantes, comme la polio, le choléra, les hépatites et même le VIH. Bien que de nombreuses inégalités subsistent, faire reculer ces maladies a permis des avancées économiques et sociales majeures, qui ont amélioré le bien-être des populations dans la majorité des pays et sur tous les continents. Les maladies infectieuses réémergent sous de nouvelles formes, par le réchauffement climatique, les perturbations écologiques et les changements de mode de vie. Ces facteurs favorisent l’émergence d’épidémies, la résistance aux antibiotiques, la transmission de maladies animales à l’être humain et les inflammations chroniques responsables de cancers et de maladies neurodégénératives. La biologie moderne voit le vivant comme une nouvelle frontière grâce aux avancées technologiques de la Recherche notamment grâce aux équipes de l’Institut Pasteur de Lille.
Pour cette nouvelle étape entre Brest, La Rochelle et Bordeaux, comment souhaitez-vous faire évoluer votre engagement solidaire ?
L’engagement des donateurs et leurs soutiens offrent à nos scientifiques de la Région Lilloise, les meilleures conditions pour faire progresser la connaissance biomédicale et permettent de développer une recherche alliant audace, curiosité, créativité, rigueur et excellence ! Je voudrais remercier les nombreuses personnes qui ont fait des dons l’an dernier grâce à ce défi sportif et qui me rejoignent encore cette année par des encouragements au cours de ce prochain périple Brest-Bordeaux par la vélo-maritime, soit près de 900 kms de chemins cyclo du 4 mai au 15 mai 2026 étape 3, de mon tour de France à vélo cette année.

Quel message souhaiteriez-vous adresser à celles et ceux qui pourraient être tentés de soutenir ou de relayer votre démarche ?
Lorsque vous donnez 100 € à l’Institut Pasteur de Lille, 74 € vont directement à la réalisation des missions de recherche et cela ne coute en vérité au donateur que 34 euros en y intégrant la déduction fiscale … car l’association est reconnue d’Intérêt général. L’an dernier, j’ai commencé à récolter des pièces rouges, cette année tous ensemble nous pouvons changer la couleur de ces pièces pour donner de la couleur à la vie auprès de la Recherche médicale et faire avancer le progrès concernant les personnes en situation de fragilité de santé grâce aux travaux de recherche pour les générations à venir que mène l’Institut Pasteur de Lille. Ces pièces peuvent devenir jaunes ou argentées ! Soutenir l’Institut Pasteur de Lille peut prendre plusieurs formes, chacun peut s’engager selon ses convictions, son parcours et ses possibilités pour la recherche… Il n’y a pas de prix pour soutenir la prévention et l’innovation en santé portées par l’Institut Pasteur de Lille, mais que de la couleur à donner ! Merci de votre soutien dans cette prochaine étape de ce périple à vélo qui sera riche en découvertes grâce à votre générosité et votre mobilisation !
Merci à vous Philippe de votre témoignage auprès de l’Institut pasteur de Lille, Bonne route !