Chaque jour, nous respirons près de 20 000 fois — un geste si banal qu’on en oublie souvent de s’interroger sur la qualité de l’air que nous inhalons. Longtemps perçue comme une simple problématique environnementale, la pollution de l’air s’impose aujourd’hui comme une véritable menace pour notre santé. De plus en plus d’études révèlent son rôle dans l’apparition ou l’aggravation de nombreuses maladies chroniques, telles que l’asthmeles accidents cardiovasculaires, le diabète ou encore les AVC. En France comme ailleurs, la pollution atmosphérique serait responsable de milliers de décès prématurés chaque année. Face à ces constats alarmants, il devient urgent de repenser le lien entre environnement et santé.

Selon l’estimation de l’OMS, les maladies liées à la pollution sont :

La santé environnementale, qu’est-ce que c’est ?

La santé environnementale regroupe l’ensemble des facteurs environnementaux susceptibles d’influencer la santé humaine. Elle étudie les effets des éléments physiques, chimiques, biologiques et sociaux de notre environnement — comme la qualité de l’air, de l’eau, des sols, le bruit, ou encore l’exposition aux polluants — sur notre bien-être et notre état de santé.

Cette discipline vise à mieux comprendre comment notre cadre de vie peut provoquer ou aggraver certaines maladies chroniques, respiratoires, cardiovasculaires ou métaboliques. Elle joue aussi un rôle clé dans la prévention des risques sanitaires liés à l’environnement, en identifiant les sources de pollution et en proposant des mesures concrètes pour les réduire.

Dans un contexte de changement climatique et de dégradation environnementale, la santé environnementale devient un levier essentiel pour protéger la santé publique, lutter contre les inégalités sociales de santé et anticiper les défis sanitaires de demain.


Quels sont les facteurs environnementaux qui influencent la santé ?

Quelles conséquences de la pollution de l’air sur la santé ?

La pollution atmosphérique a des effets généraux sur le corps, notamment une augmentation de l’inflammation. Le cœur et les poumons sont touchés mais aussi le cerveau avec une augmentation des maladies neurodégénératives.

Une étude de Santé Publique France met en évidence que la pollution de l’air ambiant est responsable chaque année en France de 12 à 20 % des nouveaux cas de maladies respiratoires chez les enfants, et de 7 à 13 % des maladies respiratoires, cardiovasculaires ou métaboliques chez l’adulte, entraînant un coût économique annuel estimé à 12,9 milliards d’euros.

Ces travaux complètent des travaux de 2021 estimant à 40 000 le nombre de décès par an associés à la pollution atmosphérique.

Les travaux des épidémiologistes permettent de mieux quantifier les effets de la pollution atmosphérique et de les rendre plus visibles ce qui augmente la prise de conscience de la population alors que la situation est au contraire plutôt en voie d’amélioration même si des efforts importants restent à faire.

L’impact de la pollution reste heureusement modeste sur la plupart des pathologies, mais il touche la majeure partie de la population ! Il est peu visible car dilué, d’où l’utilité des études en santé publique afin d’essayer de le quantifier.

La santé environnementale : Prévention

Préserver sa santé, c’est aussi prendre soin de l’environnement. La prévention ne consiste pas seulement à réduire les risques de maladies, elle implique également des choix de vie plus durables et respectueux de notre écosystème. Car santé humaine et santé planétaire sont profondément interconnectées :

Autant de gestes qui, en améliorant notre bien-être, contribuent aussi à protéger notre cadre de vie. C’est dans cette dynamique vertueuse que se dessine l’avenir d’une santé globale, à la fois individuelle et environnementale.

FAQ

Un perturbateur endocrinien est une substance, naturelle ou artificielle, qui interfère avec le fonctionnement du système hormonal (ou système endocrinien). Ces substances peuvent imiter, bloquer ou modifier l’action des hormones, entraînant des effets néfastes sur la santé, même à très faibles doses.

Présents dans de nombreux produits du quotidien — plastiques, cosmétiques, pesticides, textiles, emballages alimentaires —, les perturbateurs endocriniens sont associés à divers troubles : infertilité, troubles du développement, puberté précoce, cancers hormonodépendants (sein, prostate), obésité, diabète ou troubles neurologiques.

Les premières manifestations d’une allergie liée à la pollution de l’air sont souvent similaires à celles d’une allergie saisonnière, mais elles peuvent s’intensifier en présence de pics de pollution ou dans des environnements urbains denses. Parmi les symptômes les plus courants, on retrouve :

 

  • Irritations des yeux : yeux rouges, picotements, larmoiements fréquents
  • Écoulement nasal ou nez bouché : sans cause infectieuse évidente
  • Toux sèche persistante : surtout en fin de journée ou après une exposition à l’extérieur
  • Gorge irritée : sensation de picotement ou de brûlure
  • Difficultés respiratoires : essoufflement, respiration sifflante, sensation d’oppression thoracique
  • Crises d’asthme chez les personnes sensibles
  • Fatigue inhabituelle : liée à un manque d’oxygénation optimal

 

Ces symptômes peuvent apparaître ou s’aggraver lors des pics de pollution, en particulier en présence de particules fines (PM2.5), d’ozone ou de dioxyde d’azote. Les enfants, les personnes âgées et les individus souffrant déjà d’affections respiratoires sont particulièrement vulnérables.

Les recherches de l’Institut Pasteur de Lille sur la santé environnementale

L’Institut Pasteur de Lille développe une expertise multidisciplinaire autour des liens entre pollution, environnement et santé. Ses équipes mènent des recherches fondamentales, cliniques et appliquées pour mieux comprendre l’impact des expositions environnementales sur les maladies chroniques et respiratoires.