Risques liés aux Arthropodes

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Les Indispensables

  • Utiliser des répulsifs cutanés adaptés à l’âge et une éventuelle grossesse.
  • Porter des habits clairs, amples et couvrants.
  • Dormir sous une moustiquaire (imprégnée d’insecticide en zone impaludée)
  • Porter une vigilance particulière face aux tiques (inspection corporelle et retrait précoce), aux punaises de lit (prévention de l’infestation et du transport passif)
  • Consulter en cas de piqûre ou morsure entraînant des signes généraux ou locaux importants.
  • L’imprégnation des vêtements n’est plus recommandée.

Pour aller plus loin

Risques liés aux arthropodes

Les risques les plus importants pour la santé sont liés aux piqûres d’arthropodes (insectes et acariens) qui sont vecteurs d’agents pathogènes (virus, bactéries et parasites) responsables de maladies parfois graves, voire mortelles. Les risques sont à évaluer en fonction de la destination et des conditions de séjour.

Un des principaux risques rencontrés est celui des arboviroses que l’on retrouve sur tous les continents (dengue, chikungunya, zika) et celui du paludisme, particulièrement élevé en Afrique subsaharienne.

En plus des risques de transmission d’agents pathogènes, tous les arthropodes peuvent occasionner des nuisances provoquées par leurs piqûres avec un risque de surinfection cutanée, de lésions de grattage, de retard à la cicatrisation dans les climats chauds et humides ou d’envenimations plus ou moins graves.

Les Arthropodes

Les moustiques sont vecteurs de nombreux virus et parasites, et sont également responsables de fortes nuisances. Il est donc recommandé de se protéger de leurs piqûres avec une protection adaptée. Des mesures individuelles de prévention contre la reproduction des moustiques (comme la suppression des points d’eau stagnante à domicile) représentent des mesures complémentaires.

Les moustiques des genres Anopheles et Culex piquent plutôt la nuit. Ces moustiques sont cosmopolites mais vecteurs de maladies principalement dans les zones tropicales d’Afrique, d’Amérique et d’Asie et, à un moindre degré, dans les zones plus tempérées. Ils peuvent transmettre les agents du paludisme (Anopheles uniquement), des arbovirus (virus West Nile, virus des encéphalites américaines ou de l’encéphalite japonaise) et des filaires.

Les moustiques du genre Aedes piquent habituellement le jour, avec un pic d’activité en début et fin de journée. Ils peuvent transmettre des arbovirus (comme ceux de la dengue, de la fièvre jaune, du chikungunya, du Zika : voir pages maladies correspondantes) et des microfilaires responsables des filarioses lymphatiques. Les nuisances provoquées par des populations abondantes et agressives de certains moustiques existent dans tous les pays du monde, de l’équateur au cercle polaire. Les moustiques des pays nordiques peuvent aussi se montrer très agressifs durant la courte période estivale.

Les punaises de lit sont des petits insectes ubiquitaires nocturnes. La punaise peut être véhiculée facilement en se camouflant dans les vêtements, les bagages et autres effets personnels, si bien que le voyageur international peut diffuser cette nuisance de retour dans son pays (par transport passif).

Les endroits où les voyageurs courent le plus grand risque d’exposition sont ceux où la rotation de personnes est la plus élevée : autobus, trains, avions mais surtout hôtels (quelle qu’en soit la gamme), complexes touristiques, bateaux de croisière …

À ce jour, il n’a pas été décrit de transmission d’agents pathogènes par ces punaises. Des surinfections bactériennes, notamment par grattage avec des mains sales, sont possibles comme pour toute dermatose prurigineuse.

Les recommandations pour éviter, au retour, les infestations domiciliaires par des punaises de lits sont les suivantes :

  • durant le voyage :

Inspecter sa chambre lors de l’arrivée pour s’assurer de l’absence de punaises de lit (regarder sous les draps, sous la housse de matelas, le sommier, les plinthes, etc.).

Si des punaises sont observées, il est préférable de changer de lieu de séjour.

Si cela n’est pas possible, il convient d’éviter de poser ses bagages et affaires personnelles sur le lit, le canapé, dans l’armoire ou tous autres espaces susceptibles d’héberger des punaises (par exemple, isoler tous les bagages et les effets personnels – brosse à cheveux, trousse de maquillage, etc. – sur une surface carrelée) ;

  • au retour, en cas de doute sur une infestation :

Procéder à un traitement physique des vêtements et des bagages (lavage des vêtements à 60°C ou nettoyage vapeur à 120°C) qui détruit les punaises à tous leurs stades, ou congélation à -20°C au minimum pendant 48 heures selon la taille de l’objet.

Nettoyage de ce qui ne peut pas faire l’objet d’un traitement physique avec un aspirateur (sans oublier de nettoyer le conduit de l’aspirateur car les punaises peuvent en ressortir, et de jeter le sac hermétiquement fermé dans une poubelle extérieure).

En cas d’échec, un traitement chimique complémentaire est nécessaire : s’adresser à la mairie ou à un professionnel spécialisé en désinsectisation (titulaire d’un « certificat biocide »).

Les tiques, qui se différencient en tiques molles et en tiques dures, ont une répartition mondiale et occupent des biotopes variés.

La piqûre des tiques dures est diurne et le repas sanguin dure plusieurs jours. La transmission d’agents pathogènes intervient dans un délai de 12 à 24 heures après la piqûre pour les bactéries et les parasites, mais peut survenir immédiatement pour les virus (d’où l’importance de la prévention). Chez les tiques molles, les repas sanguins sont rapides et nocturnes avec une transmission immédiate des agents infectieux.

La prévention des piqûres de tiques fait appel au port de vêtements couvrants (de préférence de couleur claire afin de faciliter le repérage des tiques) serrés aux chevilles et poignets. Les répulsifs cutanés sur les parties découvertes ont une efficacité limitée.

La prévention du risque de transmission d’agent infectieux après piqûre de tiques repose sur les moyens suivants :

  • L’examen corporel minutieux, sans oublier le cuir chevelu, le nombril et les organes génitaux après une exposition potentielle (au retour de promenade en zone à risque, …).

La plupart des piqûres de tiques dures sont indolores et interviennent majoritairement (mais pas exclusivement) sur les parties basses du corps chez l’adulte – car les tiques sont à l’affût sur la végétation – mais elles sont fréquemment retrouvées sur le cuir chevelu chez les enfants.

  • L’utilisation d’un tire-tique ou d’une pince fine pour extraire une tique.

Il faut attraper la tique le plus près possible de la peau et la retirer lentement mais fermement. Il ne faut pas appliquer de produit au préalable sur la tique. Le site de piqûre doit ensuite être désinfecté et les mains lavées.

La persistance des pièces piqueuses de tiques dans la peau à la suite de l’extraction ne doit pas donner lieu à un geste médical ou chirurgical, mais à une désinfection et une surveillance régulière du site de piqûre.

  • Aucune antibiothérapie ni demande d’examens complémentaires n’est justifiée à ce stade.

Une surveillance du point de piqûre (apparition d’érythème ou d’escarre) pendant plusieurs semaines est nécessaire. Des examens sont justifiés en cas de fièvre même modérée ou d’asthénie apparaissant quelques jours après la piqûre.

  • Une vaccination existe en prévention de l’infection par le virus de l’encéphalite à tiques (voir page maladie).

Les acariens microscopiques, du type aoûtats, peuvent infester la peau lors de promenades en milieu naturel, en particulier en zone tropicale, et provoquer de fortes démangeaisons. Pour s’en protéger il est recommandé d’utiliser des répulsifs cutanés. Après la piqûre, le benzoate de benzyle peut être appliqué à une ou deux reprises sur les lésions de grattage au moyen d’un coton-tige afin de réduire le prurit.

En Asie, l’un de ces acariens microscopiques du genre Leptotrombidium transmet le typhus des broussailles.

La gale est une cause fréquente de prurit disséminé au retour de voyage. L’acarien responsable (Sarcoptes scabiei) ne transmet aucun agent pathogène.

D’autres arthropodes piqueurs tels que les araignées, les scolopendres, les scorpions et certains insectes sociaux (guêpes, frelons, abeilles…) peuvent provoquer des envenimations (manifestations locales ou générales, induites par la pénétration dans l’organisme de venin plus ou moins toxique selon sa composition).

Toute morsure ou piqûre qui entraîne des symptômes locaux marqués ou des symptômes généraux (douleur vive, œdème, malaise, hypotension artérielle, troubles de la vue, nausées, fièvre etc.) nécessite une consultation.

En cas de bivouac, pour éviter le transport passif d’arthropodes ou la colonisation des effets personnels (vêtements, chaussures, etc.), il est recommandé de les ranger dans un sac ou un bidon en plastique étanche et bien fermé.

De façon générale, pour les voyages vers des destinations à climat chaud ou tropical, il est recommandé de :

  • Se protéger contre les piqûres d’insectes, notamment par l’application de répulsifs cutanés, en particulier sur les parties du corps non couvertes par les vêtements ;
  • Dormir la nuit sous une moustiquaire (imprégnée d’insecticide dans les zones impaludées), pour le lit, le berceau et la poussette également.
  • Border la moustiquaire sur le lit, ou bien toucher le sol, et le bon état de son maillage doit être vérifié. En journée, la moustiquaire doit être maintenue fermée ou pliée afin d’éviter que des moustiques ne se reposent à l’intérieur.
  • Dans les zones fortement impaludées, éviter de sortir la nuit sans protection anti-moustiques, et a fortiori de dormir « à la belle étoile » sans moustiquaire imprégnée ou sans répulsif ;
  • Porter des vêtements légers, amples et couvrants (manches longues, pantalons et chaussures fermées).

D’autres mesures avec une efficacité plus limitée peuvent être utilisés en mesures d’appoint :

  • Les moustiquaires aux ouvrants (fenêtres et portes)
  • La climatisation
  • Les insecticides en bombe ou en diffuseur
  • Les serpentins fumigènes, uniquement à l’extérieur et dans les vérandas.

L’imprégnation des vêtements par des insecticides par les pyréthrinoïdes n’est plus recommandée depuis 2022 car elle expose à un risque de toxicité – individuelle et environnementale – désormais bien documentée.

Ne sont pas non plus recommandés (efficacité ou innocuité non démontrées) et à ne pas utiliser :

  • Les bracelets anti-insectes
  • Les huiles essentielles (y compris à base de citronnelle), la vitamine B1, l’homéopathie
  • Les appareils sonores à ultrasons
  • Les rubans, papiers et autocollants gluants sans insecticide

Usage des répulsifs cutanés

Parmi les nombreux produits actuellement en vente, les substances actives recommandées pour se prémunir des piqûres de moustiques sont le DEET, l’IR 3535, l’icaridine et l’huile d’Eucalyptus citriodora, hydratée, cyclisée, produit naturel (ne pas confondre avec l’huile essentielle d’Eucalyptus).

Concernant l’usage des répulsifs cutanés, il est recommandé de :

  • Lire la notice d’utilisation, vérifier les restrictions d’usage (notamment selon l’âge) et respecter les conditions d’application (en particulier, n’appliquer sur la peau que les produits prévus à cet effet) ;
  • Préférer les répulsifs en crème ou lotion aux répulsifs en spray en raison du risque d’inhalation lors de leur application notamment au niveau de la tête. De plus, l’application cutanée de spray est moins aisée que celle de crème ou de lotion ;
  • Ne pas pulvériser les sprays directement sur la peau. Appliquer d’abord sur les mains, puis sur la peau.
  • Appliquer les répulsifs sur la peau exposée, mais ne pas en appliquer sur la peau qui est sous les vêtements (sauf au niveau des chevilles même en cas de port de chaussettes) ;
  • Ne pas appliquer sur une peau lésée, blessée ou irritée, près des yeux ou de la bouche, sur les mains ou le visage des enfants, sur les mains ou les seins d’une femme allaitante. Sur les enfants de moins de 12 ans, le produit doit être appliqué par un adulte ;
  • En cas d’application de crème solaire, appliquer d’abord la crème solaire à indice de protection maximal, puis respecter un intervalle d’au moins 20 minutes avant d’appliquer un répulsif cutané ; après la baignade, réappliquer le répulsif dans la limite du nombre maximal d’applications quotidiennes recommandé ;
  • Laver la peau à l’endroit où les répulsifs ont été appliqués avec de l’eau et du savon, lorsqu’il n’y a plus de risque (en particulier au moment où l’on se couche sous une moustiquaire) ;
  • Ne pas pulvériser les sprays dans une pièce fermée ou à côté d’aliments pouvant être consommés ;
  • Faire attention au caractère potentiellement inflammable du répulsif. Si c’est le cas, ne pas pulvériser près d’une flamme ;
  • Ne pas utiliser des produits répulsifs à usage vétérinaire sur la peau ou les vêtements. De même, ne pas appliquer les répulsifs sur des animaux s’ils ne sont pas prévus pour cet usage ;
  • Stocker les répulsifs dans un lieu inaccessible aux enfants.

 

Source : Guide des Recommandations Sanitaires du Haut Conseil de la Santé Publique pour les Voyageurs