Qu’est-ce que le cancer du pancréas ?
Le pancréas est la deuxième plus grande glande du corps humain. Situé dans la partie haute de l’abdomen, entre l’intestin grêle et la rate, juste derrière l’estomac, il joue un rôle clé à la fois dans la digestion des graisses et dans la régulation du taux de sucre dans le sang (glycémie).
Le cancer du pancréas se développe lorsqu’une cellule pancréatique saine subit une transformation (par exemple sous l’effet d’une mutation) puis se multiplie de façon incontrôlée. Cette prolifération aboutit à la formation d’une masse de cellules anormales appelée tumeur. Dans la majorité des cas, ces tumeurs se développent dans la tête du pancréas, la zone la plus proche de l’intestin.
Le cancer du pancréas apparaît dans 90% des cas sous la forme d’un adénocarcinome canalaire pancréatique, un cancer issu des cellules responsables de la production du suc pancréatique, indispensable à la digestion. Les 10% restants correspondent à d’autres formes tumorales, notamment les tumeurs neuroendocrines pancréatiques, qui se développent également au sein de l’organe.
Le cancer du pancréas en chiffres
Le cancer du pancréas est en progression depuis 30 ans : le nombre de cas a doublé chez les hommes et triplé chez les femmes, en majorité chez les personnes de plus de 50 ans. C’est le deuxième cancer digestif le plus fréquent et la quatrième cause de décès par cancer.
En France, près de 16 000 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2023. Il touche autant les femmes que les hommes.
L’âge médian du diagnostic est de 71 ans chez les hommes et 74 ans chez les femmes.
Malheureusement, cette maladie est fréquemment découverte à un stade avancé, car le cancer du pancréas peut se développer sans entraîner de symptômes dans les premiers temps.
Quels sont les symptômes du cancer du pancréas ?
Les symptômes du cancer du pancréas peuvent se traduire par :
- Un amaigrissement, qui peut être progressif ou rapide
- Une fatigue inexpliquée et une sensation de faiblesse générale
- Une perte d’appétit
- Des douleurs abdominales, principalement au niveau de l’estomac
- Des douleurs épigastriques (au creux de l’estomac, qui peuvent se propager sous les côtes ou vers le dos)
- Une jaunisse (ou ictère) : jaunissement des yeux et de la peau, urines foncées, selles décolorées, démangeaisons de la peau
- Des troubles digestifs : nausées, vomissements après les repas, selles grasses, diarrhée chronique
On observe plus rarement l’apparition ou l’aggravation d’un diabète, une phlébite (inflammation d’une veine) ou une pancréatite aigüe (inflammation soudaine du pancréas).
En fonction de la localisation exacte de la tumeur, les symptômes du cancer du pancréas peuvent varier.
Les différentes formes du cancer du pancréas
90% des cancers du pancréas diagnostiqués sont des adénocarcinomes canalaires pancréatiques. Ils prennent naissance dans les cellules impliquées dans la production du suc pancréatique, en particulier les cellules acineuses et canalaires, responsables de la sécrétion des enzymes digestives. Ces tumeurs se localisent le plus souvent au niveau de la tête du pancréas.
Les 10% restants correspondent à des formes plus rares et hétérogènes de tumeurs pancréatiques :
- Les tumeurs (ou carcinomes) neuroendocriniens, qui représentent 2 à 3% de l’ensemble des tumeurs du pancréas, se développent à partir des cellules endocrines productrices d’hormones
- Le cystadénocarcinome, observé dans 1 à 2% des cas, correspond à la transformation maligne d’un kyste initialement bénin appelé cystadénome mucineux
- D’autres formes rares existent, comme les adénocarcinomes polymorphes, les carcinomes adénosquameux, les carcinomes à cellules acineuses, les micro-adénocarcinomes, les pancréatoblastomes, les oncocytomes malins ou encore certaines tumeurs acineuses
Certaines de ces tumeurs peuvent libérer dans le sang des substances appelées marqueurs tumoraux. Le principal marqueur associé au cancer du pancréas est l’antigène carbohydrate 19-9 (CA 19-9). Une augmentation de sa concentration sanguine peut notamment évoquer une récidive ou la survenue d’un autre cancer.
Les causes et facteurs de risque du cancer du pancréas
À l’heure actuelle, les causes du cancer pancréatique ne sont pas clairement identifiées.
Cependant, plusieurs facteurs de risques ont été mis en évidence :
- Le tabagisme, impliqué dans 20 à 30% des cas
- Le surpoids et l’obésité
- Le diabète (type 1 et type 2), présent au moment du diagnostic dans 40 à 60% des cas
- Les prédispositions génétiques et héréditaires, dans 5 à 10% des cas
D’autres facteurs de risque sont soupçonnés d’être associés au cancer du pancréas, mais les connaissances scientifiques actuelles ne permettent pas d’établir de lien formel. Il s’agit notamment de facteurs liés à l’alimentation (consommation élevée d’alcool et d’aliments riches en graisses et protéines animales) et à certaines expositions professionnelles.
Le diagnostic du cancer du pancréas
Il n’existe pas d’examen de dépistage systématique pour le cancer du pancréas.
Les symptômes associés au cancer du pancréas étant le plus souvent aspécifiques, le diagnostic est habituellement tardif et donc à un stade évolué de la maladie. Seulement 10 à 20% des patients sont diagnostiqués à un stade où la tumeur est résécable (enlevée complètement par chirurgie).
L’apparition d’un diabète ou l’aggravation d’un diabète existant peut être révélateur d’un cancer pancréatique.
Le diagnostic du cancer du pancréas se fait en plusieurs étapes :
L’examen clinique
Le médecin interroge le patient (symptômes, antécédents, état général) puis réalise un examen physique. Un cancer du pancréas peut être suspecté, surtout après 50 ans, en cas de fatigue, perte de poids, perte d’appétit, ictère ou apparition récente d’un diabète. À un stade avancé, des signes comme une augmentation du volume du foie, des ganglions ou une ascite (maladie du foie) peuvent apparaître.
Le bilan initial
Le bilan initial est l’étape essentielle pour confirmer la présence d’un cancer, en préciser la localisation, la taille et l’extension.
- Scanner thoraco-abdomino-pelvien : permet de visualiser le pancréas et les organes voisins, de détecter une tumeur, d’évaluer son extension et de rechercher des métastases. Il aide aussi à déterminer si une chirurgie est possible.
- Echographie abdominale : peut révéler des signes indirects (dilatation des voies biliaires, métastases)
- IRM : utile pour détecter de petites lésions
- Echo-endoscopie : permet d’examiner précisément le pancréas et de réaliser une biopsie
- Examens biologiques : prise de sang pour rechercher la présence du marqueur tumoral CA 19-9
Le bilan d’extension
Il permet d’évaluer la propagation du cancer et oriente le traitement. Des examens complémentaires (IRM, biopsie, PET-scan) peuvent être réalisés pour rechercher ou confirmer la présence de métastases.
Un dépistage annuel par imagerie peut être préconisé chez les personnes présentant des facteurs de risque de cancer du pancréas.
Quels sont les traitements contre le cancer du pancréas?
Selon le stade de la maladie au diagnostic, plusieurs prises en charge des patients atteints d’un cancer du pancréas peuvent être proposées :
La chirurgie
Lorsque la tumeur est résécable, la seule option à visée curative est la chirurgie (pancréatectomie totale ou duodénopancréatectomie céphalique).
Il s’agit d’une chirurgie lourde, associée à un risque de complications postopératoires telles que des saignements, des infections ou des fistules pancréatiques, pouvant retarder ou compliquer la mise en place d’une chimiothérapie adjuvante.
Dans certains cas, la tumeur ne peut pas être retirée et la chirurgie a alors un objectif uniquement palliatif. Dans ce contexte, l’intervention vise à améliorer la qualité de vie du patient, en levant les obstructions liées à l’extension de la tumeur.
La chimiothérapie et la radiothérapie
Lorsque la tumeur n’est pas opérable, la prise en charge repose sur l’association de la chimiothérapie et de la radiothérapie, afin de ralentir l’évolution de la maladie et d’atténuer les symptômes.
L’objectif de ce traitement peut être palliatif (ralentit la progression de la maladie et diminue la douleur), adjuvant (limite le risque de récidive) ou néoadjuvant (diminue la taille de la tumeur avant une opération).
De nouvelles stratégies thérapeutiques sont actuellement en développement, comme des immunothérapies ciblées. Le cancer du pancréas demeure globalement peu sensible aux traitements conventionnels.
FAQ
Le cancer du pancréas peut se développer sans entraîner de symptômes dans les premiers temps.
Les symptômes principaux à surveiller sont :
- Un amaigrissement (progressif ou rapide)
- Une fatigue inexpliquée, une sensation de fatigue générale
- Une perte d’appétit
- Des douleurs abdominales ou épigastriques
- Une jaunisse : jaunissement des yeux et de la peau, urines foncées, selles décolorées
- Des troubles digestifs : nausées, vomissements, selles grasses, diarrhées
Le stade du cancer du pancréas repose sur la classification TNM, qui prend en compte la taille de la tumeur, son extension aux ganglions voisins et la présence de métastases.
En pratique, quatre stades sont distingués selon l’opérabilité : tumeur résécable (opérable), borderline (opération possible dans certains cas), localement avancée ou métastatique (toutes deux non opérables).
Le cancer du pancréas est fréquemment diagnostiqué à un stade avancé, ce qui restreint les possibilités thérapeutiques et réduit l’espérance de vie. Le taux de survie à 5 ans est d’environ 10%, mais il varie selon le stade au moment du diagnostic et les caractéristiques propres à chaque patient.
Oui, il est possible de guérir d’un cancer du pancréas grâce à la chirurgie, qui constitue le seul traitement potentiellement curatif. Celle-ci n’est envisageable qu’en cas de diagnostic précoce de la maladie et sous réserve de bon état général du patient. Malheureusement, la proportion de patients guéris de ce cancer reste très faible.
Il n’existe pas de prévention spécifique à proprement parler, mais certaines recommandations permettent de réduire les facteurs de risque comme :
- L’arrêt du tabac, de l’alcool et d’une alimentation riche en graisses et en protéines animales
- Le maintien d’un poids corporel équilibré
- Le contrôle des troubles métaboliques comme le diabète
Chez les personnes présentant des antécédents familiaux, un suivi médical spécialisé peut être proposés afin de favoriser une détection plus précoce.