Asthme

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Asthme : les points clés

  • Une maladie chronique inflammatoire des bronches : l’asthme touche près de 4 millions de personnes en France. Il se caractérise par une inflammation des bronches pouvant entraîner un rétrécissement des voies respiratoires.
  • Une maladie fréquente : elle concerne environ 10 à 16 % des enfants et 6 à 7 % des adultes.
  • Une mortalité en diminution : le nombre de décès liés à l’asthme a fortement diminué depuis les années 1980, avec environ 900 décès par an en France.
  • Des symptômes qui surviennent par crises : essoufflement, sifflements respiratoires, toux sèche persistante et sensation d’oppression dans la poitrine.
  • Des facteurs déclenchants variés : allergènes (pollens, acariens…), fumée de tabac, pollution, infections virales, effort physique, froid ou émotion forte telle que le stress.
  • Deux types de traitements : un traitement de fond pour réduire l’inflammation des bronches et prévenir les crises, et un traitement de secours pour soulager rapidement les symptômes.

Qu’est-ce que l’asthme ?

L’asthme est une maladie inflammatoire chronique des bronches, les conduits qui acheminent l’air dans les poumons.

Chez les personnes asthmatiques, les bronches sont particulièrement sensibles à certains facteurs qui déclenchent une réaction inflammatoire excessive. Cette hypersensibilité appelée hyperréactivité bronchique provoque une contraction anormale des muscles qui entourent les bronches ainsi qu’une production plus importante de mucus plus épais. Ces phénomènes réduisent temporairement le calibre des bronches, limitant le passage de l’air et rendant la respiration difficile.

A plus long terme, lorsque l’inflammation est insuffisamment contrôlée, elle peut également modifier progressivement et durablement la structure des bronches, un phénomène appelé remodelage bronchique. Il se caractérise notamment par un épaississement de la paroi bronchique, une hypertrophie des muscles bronchiques, c’est-à-dire l’augmentation du volume et de la masse des fibres qui les composent, et l’apparition de fibrose, c’est-à-dire une accumulation excessive de tissu cicatriciel qui rend les bronches moins souples.

L’asthme en chiffres

En France, près de 4 millions de personnes vivent avec de l’asthme. Il est responsable chaque année d’environ 60 000 hospitalisations et près de 900 décès.

L’asthme débute le plus souvent pendant l’enfance : environ 10 à 16 % des enfants sont concernés, ce qui en fait la maladie chronique la plus fréquente chez les plus jeunes. Chez certains, les symptômes s’atténuent, voire disparaissent à l’adolescence. Cependant, l’asthme peut persister à l’âge adulte ou apparaître plus tardivement.

Quels sont les symptômes de l’asthme ?

L’asthme se manifeste par des épisodes de gêne respiratoire, appelé dyspnée, dont l’intensité peut varier d’une personne à l’autre. Les principaux symptômes sont :

  • Une toux persistante
  • Des sifflements respiratoires provoqués par le passage de l’air dans des bronches rétrécies
  • Un essoufflement
  • Une sensation d’oppression dans la poitrine.

Ces symptômes sont caractéristiques des crises d’asthme qui surviennent lors d’un rétrécissement temporaire des bronches lié à l’inflammation, à la contraction des muscles et à l’accumulation de mucus. Ils peuvent survenir à n’importe quel moment de la journée mais surtout la nuit et au petit matin. L’asthme peut se caractériser par une alternance de périodes sans symptômes et de périodes de crises intenses.

Quelles sont les causes et facteurs déclenchants de l’asthme ?

L’asthme est une maladie multifactorielle. Elle résulte de l’interaction entre des prédispositions génétiques et des facteurs environnementaux. Certaines personnes présentent un terrain favorable au développement de la maladie, notamment en cas d’antécédents familiaux d’asthme ou d’autres maladies allergiques, comme la dermatite atopique (eczéma) ou la rhinite allergique (rhume des foins).

Ces facteurs environnementaux vont ensuite favoriser l’apparition de la maladie ou aggraver l’inflammation des bronches chez ces personnes prédisposées. Parmi ces facteurs environnementaux déclenchants, on retrouve :

  • Les allergènes tels que le pollen, les acariens, les moisissures ou les squames et poils d’animaux. Les allergies jouent un rôle important dans l’asthme : environ 80 % des asthmes de l’enfant et 50 % des asthmes de l’adulte seraient associés à une allergie.
  • Le tabagisme actif ou passif, y compris l’exposition pendant la grossesse et/ou l’enfance.
  • La pollution de l’air, notamment celle liée au trafic routier (dioxyde d’azote, NO2), aux particules fines issues par exemple du chauffage résidentiel. Plus ces particules sont petites, plus elles peuvent pénétrer profondément dans l’arbre bronchique. L’ozone, polluant secondaire formé dans l’atmosphère à partir d’autres polluants, peut également irriter les voies respiratoires.
  • Les infections respiratoires, par exemple causées par des virus.
  • Le froid, l’activité physique intense, certaines émotions fortes ou encore certains médicaments.

Depuis le siècle dernier, la fréquence de l’asthme a doublé voire triplé en France et globalement dans les pays développés, avant de se stabiliser depuis les années 2000. Cette évolution souligne le rôle important que jouent les facteurs environnementaux. La transformation des modes de vie, notamment l’urbanisation croissante, a entraîné une exposition accrue à certains facteurs de risque comme la pollution atmosphérique, tandis que certains facteurs protecteurs, comme l’exposition à un environnement rural ou agricole, ont diminué.

Certaines expositions professionnelles peuvent également favoriser l’apparition ou l’aggravation de l’asthme. Dans 10 à 15 % des cas chez l’adulte, l’asthme est lié au travail : on parle alors d’asthme professionnel. Les personnes exerçant certains métiers, comme les boulangers, les coiffeurs, les peintres, les agriculteurs ou les personnels de piscine, sont davantage exposées à des facteurs déclenchants, tels que les farines, les colorants capillaires, les peintures, les produits chlorés ou certains allergènes d’origine animale.

Comment diagnostiquer l’asthme ?

Le diagnostic de l’asthme repose d’abord sur un interrogatoire précis du patient pour déterminer la nature des symptômes, leur fréquence, les circonstances dans lesquelles ils apparaissent ou encore des éventuels antécédents familiaux d’asthme ou d’allergie. L’examen clinique permet ensuite de rechercher des signes évocateurs, comme une respiration sifflante.

Le diagnostic est confirmé par des épreuves fonctionnelles respiratoires (EFR) qui évaluent le fonctionnement des poumons. L’examen de référence est la spirométrie qui mesure les débits et volumes pulmonaires. Le médecin s’intéresse notamment au volume expiratoire maximal en une seconde (VEMS). Dans certains cas, le patient inhale un bronchodilatateur d’action rapide avant de répéter la spirométrie. Une amélioration significative des paramètres respiratoires après l’inhalation est en faveur d’un diagnostic d’asthme.

Selon les symptômes, leur fréquence, les résultats des examens et le niveau de traitement nécessaire pour contrôler la maladie, l’asthme peut être décrit selon différents niveaux de sévérité :

  • Asthme intermittent : les symptômes surviennent moins d’une fois par semaine et les crises sont peu fréquentes.
  • Asthme persistant léger : les symptômes apparaissent plusieurs fois par semaine et peuvent perturber certaines activités physiques ou le sommeil.
  • Asthme persistant modéré : les symptômes sont quotidiens, les réveils nocturnes sont fréquents et les crises altèrent la qualité de vie.
  • Asthme persistant sévère : les symptômes sont fréquents ou permanents malgré un traitement adapté, les crises sont répétées et les limitations dans la vie quotidienne sont importantes. Cette forme sévère représente environ 5 à 10 % des cas d’asthme.

Quels sont les traitements contre l’asthme ?

Il n’existe pas de traitement permettant de guérir définitivement l’asthme. Cependant, une prise en charge adaptée permet, dans la majorité des cas, de contrôler efficacement les symptômes pour mener une vie active normale, faisant parfois oublier la maladie.

Deux types de traitements sont utilisés :

  • Les traitements de fond

Les traitements de fond visent à réduire l’inflammation chronique des bronches afin de limiter la fréquence et la sévérité des crises d’asthme et préserver la fonction respiratoire. Ils reposent principalement sur des anti-inflammatoires puissants comme les corticoïdes. Les corticoïdes peuvent être associés à des bronchodilatateurs de longue durée d’action lorsque cela est nécessaire. Ces médicaments sont à prendre quotidiennement, même en l’absence de symptômes.

Chez certaines personnes atteintes d’un asthme sévère, des biothérapies peuvent également être proposées. Ces traitements innovants, notamment des anticorps monoclonaux, ciblent certaines molécules impliquées dans l’inflammation afin de mieux contrôler la maladie.

  • Les traitements de crise

Les traitements de crise permettent de soulager rapidement les symptômes lorsqu’une crise d’asthme survient. Ils reposent sur des bronchodilatateurs d’action rapide. Ils relâchent les muscles entourant les bronches et facilitent le passage de l’air. Selon le profil du patient, ils peuvent être associés à des corticoïdes inhalés.

Comment vivre au quotidien avec l’asthme ?

L’asthme peut généralement être bien contrôlé grâce à un suivi médical régulier, un traitement adapté et quelques mesures de prévention. L’objectif est de limiter les symptômes, de prévenir les crises et de préserver la qualité de vie.

Pour cela, il est recommandé de :

  • Suivre son traitement de fond tel qu’il a été prescrit, même en l’absence de symptômes.
  • Identifier et éviter, lorsque cela est possible, les facteurs déclenchants (allergènes, fumée de tabac, pollution, certains médicaments, etc.). Cela peut notamment passer par l’aération régulière du logement ou la limitation de l’exposition aux pollens lors des périodes de forte concentration.
  • Ne pas fumer et éviter l’exposition au tabagisme passif.
  • Pratiquer une activité physique régulière, adaptée à ses capacités. Bien contrôlé, l’asthme n’empêche pas de faire du sport.
  • Prévenir les infections respiratoires, par exemple en respectant les mesures d’hygiène et en discutant avec son médecin des vaccinations recommandées.
  • Une désensibilisation peut être proposée dans certains cas d’asthme allergique, lorsque l’allergène responsable est identifié.
  • Apprendre à reconnaître les signes annonciateurs d’une crise et savoir utiliser correctement son traitement de crise.
  • Consulter régulièrement son médecin afin d’évaluer le contrôle de la maladie et d’adapter le traitement si nécessaire.

La recherche sur l’asthme à l’Institut Pasteur de Lille

À l’Institut Pasteur de Lille, plusieurs équipes de recherche étudient les mécanismes impliqués dans l’asthme, afin de mieux comprendre son apparition, son évolution et d’améliorer sa prise en charge.

Les chercheurs s’intéressent notamment au rôle du système immunitaire et de l’inflammation dans l’asthme allergique, ainsi qu’aux interactions entre les facteurs environnementaux et la maladie. L’impact de la pollution atmosphérique, des micropolluants ou encore des allergènes, comme les acariens, est étudié afin d’identifier les mécanismes responsables de l’aggravation des symptômes et des crises d’asthme.

Ces travaux permettent également d’identifier de nouveaux biomarqueurs pour mieux caractériser les différents profils d’asthme et améliorer la prise en charge. Des chercheurs lillois ont notamment mis en évidence des signatures biologiques associées à l’asthme allergique chez l’enfant, ouvrant de nouvelles perspectives pour prédire l’évolution de la maladie. Pour en savoir plus, consultez l’article dédié.

D’autres recherches explorent de nouvelles approches thérapeutiques, notamment dans l’asthme allergique aux acariens, afin de mieux contrôler l’inflammation et de proposer des traitements plus personnalisés. Pour en savoir plus, consultez l’article dédié.

 

Article rédigé par la Dr Doriane Henry, chargée de communication scientifique à l’Institut Pasteur de Lille (IPL).

Cet article a une vocation d’information, il ne remplace pas un avis médical. En cas de symptômes, consultez un médecin.

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FAQ

L’asthme est une maladie inflammatoire chronique des bronches qui entraîne une hypersensibilité des voies respiratoires. Elle peut provoquer des crises avec une gêne respiratoire. L’asthme n’est pas une maladie bénigne, notamment lorsqu’il est mal contrôlé, mais une prise en charge adaptée permet généralement de limiter les symptômes, de prévenir les crises et de mener une vie normale.

Les principaux symptômes de l’asthme sont des épisodes d’essoufflement, une sensation d’oppression dans la poitrine, des sifflements respiratoires et une toux persistante. Ils peuvent apparaître par crises, notamment la nuit ou au petit matin, et leur intensité varie d’une personne à l’autre.

Une crise d’asthme survient lorsque les bronches réagissent de manière anormale et excessive à certains facteurs déclenchants. Ceux-ci peuvent être des allergènes (pollens, acariens, animaux…), la fumée de tabac, la pollution, des infections respiratoires, le froid, un effort physique intense ou certaines émotions.

En cas de crise sévère, il est important d’utiliser le traitement de secours prescrit par le médecin selon les recommandations données. Si les symptômes persistent malgré le traitement, s’aggravent, empêchent de parler normalement, ou s’accompagnent d’une grande difficulté à respirer, il faut contacter rapidement les secours. Une crise d’asthme sévère nécessite une prise en charge médicale urgente.

L’asthme ne peut pas être guéri définitivement, mais il peut être contrôlé grâce à une prise en charge adaptée. Le traitement de fond, pris régulièrement, diminue l’inflammation des bronches et réduit le risque de crises. Le traitement de crise, utilisé lors des symptômes, permet de soulager rapidement la gêne respiratoire en facilitant l’ouverture des bronches.

Il n’existe pas aujourd’hui de traitement permettant de guérir définitivement l’asthme. Une prise en charge adaptée permet souvent de contrôler efficacement la maladie, de réduire les crises et de préserver une bonne qualité de vie.