Microbiote

 

Le microbiote représente l’ensemble des micro-organismes vivant dans un écosystème donné. Notre corps héberge 100 000 milliards de micro-organismes – essentiellement des bactéries – soit 10 fois plus de micro-organismes que de cellules. On parle souvent du microbiote intestinal, mais nous possédons également un microbiote oro-pharyngé, cutané ou encore vaginal. Chaque microbiote est unique. Il est constitué par de grands groupes de bactéries comme les Firmicutes et les Bacteroidetes. Sa composition est variable d’un individu à l’autre et dépend fortement de notre alimentation et de notre mode de vie.

Le microbiote est très complexe. Il y a encore une quinzaine d’années, les chercheurs n’avaient qu’une vision très fragmentée de sa composition et de sa fonction.

Microbiote recherche

Les travaux de recherche à l’Institut Pasteur de Lille

Aujourd’hui, les équipes de l’Institut Pasteur de Lille travaillent sur les liens entre le microbiote et les maladies infectieuses, inflammatoires et métaboliques. L’équipe du Dr François Trottein au Centre d’Infection et d’Immunité de Lille (INSERM U1019 – CNRS UMR9017, Univ Lille Nord de France) étudie l’influence des infections respiratoires virales (grippe, COVID-19) sur la composition et la fonction du microbiote intestinal. « Les perturbations imposées par l’infection pourraient participer à la sévérité de la maladie » nous explique le chercheur. « Par ailleurs, l’altération du microbiote intestinal observée chez les patients développant des co-morbidités (obésité, diabète) ou chez les patients âgés pourrait être responsable d’une susceptibilité accrue face aux infections » poursuit-il. « Des stratégies existent pour corriger cette altération, comme les probiotiques ou les prébiotiques » avance Corinne Grangette, directrice de recheche à l’Institut Pasteur. L’équipe tente actuellement d’exploiter les propriétés du microbiote intestinal pour renforcer les défenses contre les infections respiratoires et en diminuer la sévérité.

Le microbiote intestinal est important pour augmenter l’efficacité de certains traitements. Des travaux récents menés par Mathias Chamaillard à l’Institut Pasteur de Lille en lien avec une équipe de Gustave Roussy ont montré que deux espèces bactériennes présentes dans l’intestin peuvent activer les cellules de l’immunité et booster l’efficacité d’un médicament anticancéreux fréquemment prescrit. L’étude montre que Enteococcus hirae et Barenesiella intestinihominis activent les réponses immunitaires dirigées contre les cellules tumorales. Ces bactéries intestinales renforcent les effets du cyclophosphamide, un médicament de chimiothérapie. Il est possible que la présence de ces bactéries augmente la survie des patients. Un bel exemple d’une découverte permettant de vivre mieux plus longtemps !

Les équipes de recherche

recepteurs nucléaires unité pasteur lille

Nous travaillons en partenariat avec l’Inrae (institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimenttaion et l’environnement), pour étudier les propriétés fonctionnelles de bactéries isolées de microbiote humain et capables d’être cultivées dans des conditions satisfaisantes (la majorité étant incultivables). Un nouveau domaine de recherche s’ouvre par cette collaboration : comprendre la fonction des bactéries du microbiote pour les utiliser comme probiotique de nouvelle génération.”

Dr Corinne Grangette

Directrice de recherche, équipe "Influenza, Immunité et Métabolisme"

Dossiers

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Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI)

maladie de crohn
la rectocolite hemorragique