Yersinia pestis reste un problème de santé publique mondial. La bactérie est transmise par un insecte parasite, la puce. Dans un travail publié dans la revue PLOS Pathogens, les chercheurs de l’équipe «Peste et Yersinia pestis» du Centre d’Infection et d’Immunité de Lille (CNRS UMR9017, INSERM U1019, Univ. Lille) ont montré que les protéines du sang constituent des alliées inattendues pour la bactérie. Pour être transmise, Y. pestis doit d’abord survivre dans l’intestin de la puce après un repas sanguin, un environnement particulièrement hostile marqué par un stress oxydant. Amélie Dewitte, Florent Sebbane et Sébastien Bontemps-Gallo ont montré que certaines protéines du plasma sanguin, notamment l’albumine, favorisent la survie précoce de la bactérie dans l’intestin de la puce en atténuant ce stress oxydant. Ces résultats révèlent que le sang de l’hôte ne constitue pas seulement une source de nutriments. Il influence également les premières étapes de la transmission de la bactérie. Cette découverte améliore la compréhension des interactions entre pathogène, vecteur et hôte et pourrait contribuer à identifier de nouvelles stratégies pour limiter la transmission des maladies vectorielles.
Plasma albumin contributes to early Yersinia pestis survival at the onset of flea infection
Dewitte A, Sebbane F, Bontemps-Gallo S.
PLoS Pathog. 2026 Feb 27;22(2):e1014022. doi: 10.1371/journal.ppat.1014022