Les Indispensables
- Les accidents de la voie publique sont une cause majeure de mortalité et de rapatriement : le respect des règles de sécurité, l’évitement de la conduite à risque et la souscription d’une assurance rapatriement sont essentiels.
- En avion, il faut anticiper le transport des médicaments, prévenir les effets du décalage horaire et évaluer les contre-indications médicales au vol.
- La prévention du risque thromboembolique repose sur l’hydratation, la mobilisation régulière et, chez les personnes à risque, le port de contention élastique.
- En croisière, les risques infectieux et les décompensations de maladies chroniques justifient des vaccinations à jour et un stock suffisant de traitements personnels.
- Le mal des transports peut être prévenu par des mesures comportementales et, si besoin, par un traitement médicamenteux adapté.
Pour aller plus loin
Le site du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères fournit des informations, régulièrement mises à jour, aux voyageurs sur les modalités et exigences administratives à l’entrée dans les pays étrangers et lors du retour sur le territoire français.
Accidents de la voie publique
Les accidents (de la circulation ou d’autres natures) représentent une des principales causes de rapatriement sanitaire et de mortalité chez les voyageurs. Dans la mesure du possible, les règles de prévention (port de la ceinture de sécurité, port du casque si l’on circule à deux-roues et utilisation de sièges auto pour les enfants en bas âge) doivent être respectées.
Pour des voyages dans certains pays où les conditions de circulation sont difficiles, il peut être utile de recommander de :
- Éviter de conduire soi-même (prendre un chauffeur) ;
- Éviter de conduire de nuit ;
- Vérifier l’état du moyen de transport emprunté (état des pneus notamment) ;
- Disposer d’une assurance rapatriement sanitaire.
Transports aériens
Conseils généraux
- Emporter les médicaments en cabine (dans le respect de la réglementation régissant le transport des produits et matériels) ;
- Garder les médicaments dans leur emballage ou récipient d’origine, accompagnés d’une ordonnance détaillée en dénomination commune internationale (DCI) et en anglais si possible, certifiant que le passager en a besoin, notamment si les médicaments doivent être administrés sous forme buvable ou injectable.
- Prendre un avis médical spécialisé avant le départ pour les personnes atteintes de certaines affections chroniques ou présentant une vulnérabilité liée à un état physiologique (grand âge, femme enceinte ou allaitante, enfant).
Prévention des effets du décalage horaire (« jet lag »)
Il convient de tenir compte du décalage horaire pour la prise de certains médicaments (contraceptifs oraux, anticoagulants, insuline…).
Quelques mesures hygiéno-diététiques peuvent atténuer les effets du décalage horaire :
- Décaler l’heure du coucher, si possible, d’une heure par jour dans le même sens que celle de la destination d’arrivée.
- Mettre sa montre à l’heure du pays de destination ;
- Boire suffisamment d’eau mais éviter la caféine et les boissons alcoolisées, alléger les repas ;
- Essayer de maintenir les horaires veille/sommeil du pays de destination et profiter du vol pour dormir.
- Faire une courte sieste (20-30 minutes) si besoin.
- Prendre ses repas aux heures locales.
- S’exposer autant que possible en extérieur à la lumière naturelle et s’aider des lunettes de soleil pour réduire l’exposition à la lumière.
- Régler son rythme de sommeil le plus rapidement possible à l’heure locale.
Exemple, pour un voyage vers l’est : s’exposer à lumière le matin, se promener dehors avant le déjeuner et mettre des lunettes de soleil l’après-midi. À l’opposé, pour un voyage vers l’ouest : éviter la lumière vive le matin, sortir l’après-midi si possible sans lunettes de soleil et pratiquer une activité physique modérée, s’exposer à la lumière vive le soir pour aider à retarder le coucher. Il existe des applications mobiles pour aider à lutter contre les effets du décalage horaire.
La mélatonine, prise à une heure proche de l’heure cible de coucher à destination (22 heures à minuit), peut réduire les symptômes induits par le décalage horaire après des vols ayant traversé cinq fuseaux horaires ou plus, en particulier en direction de l’est. Des précautions d’emploi existent pour les personnes souffrant d’épilepsie et des interactions médicamenteuses doivent être prises en considération pour plusieurs médicaments.
Les hypnotiques à courte durée d’action n’ont pas d’effet sur la resynchronisation du sommeil et leur usage doit être limité.
Pour les séjours de moins de deux jours, il est plutôt recommandé de conserver le rythme du pays d’origine.
Contre-indications à un voyage aérien (sur la base des recommandations de l’OMS)
Les voyages aériens sont contre-indiqués dans les cas suivants :
- Nouveau-nés de moins de 48 heures
- Femmes enceintes après la 36e semaine en cas de grossesse simple et après la 32e semaine en cas de grossesse multiple
- Dans les 24 heures qui suivent une plongée sous-marine avec bouteilles.
- Personnes présentant une des circonstances pathologiques suivantes :
- angor (angine de poitrine) ou douleurs thoraciques au repos ;
- maladie transmissible évolutive ;
- accident de décompression après la plongée ;
- augmentation de la pression intracrânienne en raison d’une hémorragie, d’un traumatisme ou d’une infection ;
- infection des sinus, de l’oreille ou du nez, particulièrement si la trompe d’Eustache est bouchée ;
- infarctus du myocarde ou accident vasculaire cérébral récent (le délai à respecter dépendra de la gravité de la pathologie et de la durée du voyage) ;
- intervention chirurgicale récente ou traumatisme récent comportant un risque de flatulence (en particulier traumatisme abdominal ou intervention gastro-intestinale) ;
– fracture avec un plâtre fermé (un avis médical est souhaitable, notamment s’il est posé depuis moins de 48 heures) ;
– traumatisme crânio-facial ou oculaire, opération du cerveau ou opération de l’œil avec pénétration oculaire ;
– maladie respiratoire chronique sévère, difficulté à respirer au repos ou pneumothorax non résorbé datant de moins de 2 à 3 semaines ;
– drépanocytose ;
– trouble psychotique, sauf s’il est totalement maîtrisé.
La liste supra n’est pas exhaustive et l’aptitude à voyager doit être décidée au cas par cas sur avis médical
Prévention des thromboses veineuses profondes liées à un voyage aérien
Le transport aérien apparaît comme un facteur de risque de maladie thromboembolique (MTE), multipliant le risque par deux ou trois de thrombose veineuse profonde (TVP), dès 4 heures de vol, et d’autant plus que le vol est long.
Certains voyageurs peuvent également avoir un facteur de risque indépendant (antécédents personnels ou familiaux de thrombose veineuse ou d’embolie pulmonaire, thrombophilie, cancer actif (en cours de traitement, traitement < 6 mois ou palliatif), grossesse et post-partum, contraception oestroprogestative ou traitement hormonal substitutif, obésité (IMC > 30), âge avancé, tailles extrêmes, hospitalisation pour traumatisme ou intervention chirurgicale sous anesthésie générale récente (< 4 semaines) concernant notamment l’abdomen, le bassin ou les membres inférieurs, tabagisme).
Les mesures suivantes sont recommandées à titre préventif :
- Porter des vêtements amples ;
- S’hydrater régulièrement au cours du vol (boissons non alcoolisées) ;
- Bouger fréquemment les jambes, se déplacer dans l’avion (ce qui implique de limiter l’usage des hypnotiques) et suivre les programmes d’exercices proposés par certaines compagnies en cours de vol, réalisables sans quitter sa place ;
- Porter une contention élastique (mi-cuisse plus confortable que sous le genou) de classe 2 en présence d’au moins un facteur de risque de thrombose.
L’utilisation d’anticoagulants peut s’envisager en complément des autres mesures préventives, à dose prophylactique ou en cas de risque très élevé, après avis médical.
Transports en bateau – croisières
Les problèmes de santé les plus fréquents sont le mal de mer, les infections respiratoires, les traumatismes, les affections gastro-intestinales et les décompensations de maladies sous-jacentes.
Les situations de confinement liées à la vie à bord et la multiplication des escales favorisent l’éclosion d’épidémies (grippe, Covid-19, norovirus…) parmi les passagers et les membres d’équipage.
Il est indispensable que les passagers prévoient un stock de fournitures médicales suffisant pour les longues périodes passées loin de leur domicile, en particulier pour les séjours en mer. Les médicaments délivrés sur ordonnance doivent être transportés dans leur emballage ou récipient d’origine, accompagnés d’une ordonnance détaillée en dénomination commune internationale (DCI) et en anglais si possible.
Les vaccinations liées aux caractéristiques épidémiologiques des pays visités, les vaccinations contre les maladies à potentiel épidémique, notamment la grippe, sont recommandées aux passagers des bateaux de croisière, ainsi qu’au personnel navigant.
Le mal des transports
Le mal des transports est plus fréquent en bateau mais peut aussi survenir en voiture, en avion et dans les autres modes de transports. Les enfants âgés de 2 à 12 ans sont plus à risque d’en souffrir que les nourrissons, les adolescents ou les adultes. Les antécédents de migraine sont un facteur favorisant.
En prévention, les antihistaminiques de première génération à effet sédatif (dimenhydrinate, diphénhydramine, méclozine) peuvent être utilisés (une prise 2 heures avant le départ en préventif, à partir de l’âge de 2 ans pour dimenhydrinate qui existe sous une forme sirop et pour diphénhydramine qui n’est disponible qu’en comprimés, à écraser avant 6 ans), après avis médical.
Source : Guide des Recommandations Sanitaires du Haut Conseil de la Santé Publique pour les Voyageurs