Les Indispensables
- Éviter tout contact avec les animaux terrestres ou marins (même familiers, jeunes ou morts): ne pas les approcher, ni les nourrir.
- Toute morsure, griffure ou léchage sur peau lésée impose un lavage immédiat à l’eau et au savon, une antisepsie et une consultation rapide pour évaluer une prophylaxie post-exposition (rage, tétanos, antibiotiques, antiviraux).
- Eviter de consommer des produits animaux à risque d’intoxication (poissons de récifs, poissons-globes, invertébrés crus, lait non pasteurisé, viandes peu cuites)
- L’importation d’animaux domestiques ou sauvage est interdite.
Pour aller plus loin
- Griffures et morsures
Les lésions causées par morsure, griffure ou coup de bec sont les dommages les plus importants causés par les mammifères et les oiseaux, mais de nombreuses zoonoses peuvent également être transmises à l’être humain.
La règle générale est de ne pas approcher les animaux (même familiers, jeunes, ou morts), de ne pas les caresser, de ne pas boire leur lait et des laitages non pasteurisés, et de ne pas les nourrir (situation où le risque de morsure est le plus élevé).
En cas de morsure, il est important de consulter rapidement car les animaux peuvent être porteurs dans leur salive de différentes bactéries ou de virus comme ceux de la rage ou de l’herpès virus simien.
En ce qui concerne la rage, le chien est le principal réservoir du virus dans les pays à faible niveau de ressources mais tous les mammifères peuvent être atteints, notamment les chauves-souris et les singes, voire les camélidés. Le virus peut être transmis par un animal qui ne présente pas encore les symptômes de la maladie. Il existe un vaccin contre la rage (voir lien page correspondante).
En cas de morsure par un singe (de 2 à 20 % des morsures animales dans le monde), le risque de méningoencéphalite à virus herpès simien (Herpes B virus, très proche du virus herpès simplex de type 1) doit aussi être évoqué, en particulier dans le cadre de séjours en Asie où le portage du virus chez ces animaux est élevé. Un traitement post-exposition par Valaciclovir (1 g/8 heures, à débuter dans les 5 jours après l’exposition, pendant 2 semaines) est possible.
Après morsure, griffure ou simple léchage sur une peau lésée ou une muqueuse, il est important de laver la plaie ou la zone léchée à l’eau et au savon, d’appliquer un antiseptique, puis de contacter les structures médicales locales qui prendront, si besoin, des mesures de prophylaxie post-exposition (vaccin et/ou immunoglobulines antirabiques, Valaciclovir contre l’herpès virus simien, vaccin et/ou immunoglobulines antitétaniques, antibiothérapie).
Animaux venimeux et toxiques
- Les envenimations représentent un risque non négligeable pour le voyageur quel que soit le pays et le type de séjour. Des mesures de prévention, reposant notamment sur l’information et la connaissance des situations à risque, peuvent le limiter.
Les animaux exposant à un risque d’envenimation terrestre sont :
- Les serpents : la gravité de l’envenimation dépend de la personne mordue (comorbidités, âges extrêmes), du type de serpent et de son âge, de la quantité de venin reçue et de la localisation de la morsure, et surtout des possibilités d’accès à des soins de qualité.
- Les scorpions : si une piqûre de scorpion est souvent douloureuse, moins de 10% d’entre elles entraînent une envenimation systémique. Les enfants sont plus à risque d’envenimation sévère.
- Les araignées : quelques espèces d’araignées comportent un risque sanitaire et l’effet de leur morsure varie selon les espèces avec des signes seulement cutanés ou systémiques.
- Les amphibiens tropicaux : certains sécrètent des toxines au niveau de leur peau.
- Autres animaux potentiellement impliqués : certains oiseaux présents en Papouasie –Nouvelle-Guinée (envenimations en cas de contact ou intoxications lors d’ingestion) ou les Ornithorynques en Australie (en cas de manipulation de l‘animal).
Les animaux exposant à un risque d’envenimation marine sont :
- Les cnidaires : les cnidocystes situés à leur surface portent des organelles (nématocystes) capables d’injecter un venin. La dermite des surfeurs est une entité particulière de ces envenimations.
- Les échinodermes (oursins, étoiles de mer à couronnes d’épines) : certaines espèces peuvent être responsables d’envenimation douloureuses et associées à des signes généraux.
- Certains poissons : il s’agit des raies, dont la queue est munie d’une aiguillon capable d’injecter un venin, ou des poissons de la famille des Scorponidae (différentes rascasses, poissons-pierres, …) ou celle des Trachinidae (vives) et des Uranoscopidae (rascasses blanches ou uranoscopes), du fait de la présence de glandes à venin au niveau d’épines disposées près de leurs nageoires dorsales, ventrales et/ou anales.
- Certains coquillages (région Indopacifique, Caraïbes jusqu’en Floride, mer Rouge, …) : les coquillages du genre Conus possèdent des dents radulaires venimeuses au sein de leur proboscis.
- Les serpents de mer (région Indopacifique) : ils sécrètent plusieurs neurotoxines.
Risques spécifiques liés à la consommation de produits animaux
La ciguatera est une intoxination alimentaire liée à la consommation de poissons de récifs contaminés par une neurotoxine (ciguatoxine) produite par une microalgue (Gambierdiscus toxicus) proliférant sur des substrats coralliens dégradés. Les ciguatoxines sont ingérées par les poissons herbivores qui consomment les algues puis se concentrent dans leurs tissus.
Elles s’accumulent ensuite dans l’organisme de leurs prédateurs, les poissons carnivores (barracuda ou bécune, carangue, sarde ou pagre, mérou, …). Il est impossible d’identifier un poisson toxique à sa couleur, son odeur ou son goût. La congélation, la cuisson ou le mode de préparation du poisson ne permettent pas de détruire les ciguatoxines.
La ciguatera est possible en toutes saisons dans les régions insulaires intertropicales (Océanie, Polynésie, Océan Indien, Caraïbes) mais des cas sont désormais signalés en zones tempérées (îles Canaries, Madère, …). Entre 50 000 à 100 000 cas sont rapportés annuellement à l’échelle du globe mais il existe une importante sous déclaration.
Sur le plan clinique, la ciguatera se caractérise par le polymorphisme de sa symptomatologie et une grande variabilité de durée, de sévérité et de récurrence, d’un individu à l’autre et d’une région à l’autre. L’évolution est classiquement en deux temps : une phase aiguë de quelques jours à quelques semaines (signes gastro-intestinaux, cardiovasculaires, neurologiques, …) suivie dans certains cas de troubles chroniques, essentiellement de nature neurologique, s’exprimant en continu et/ou par poussées évolutives.
Le diagnostic est clinique et la prise en charge symptomatique. La ciguatera justifie une prise en soins en particulier pour les sujets à risque : personnes âgées, comorbidités (cardiopathies, diabète, …), femmes enceintes (risque d’accouchement prématuré, d’atteinte fœtale) ou allaitantes (risque de transmission de toxines). Des rechutes peuvent être observées plusieurs mois après l’intoxination, en particulier après consommation de boissons alcoolisées ou de chair de poisson.
Pour prévenir la ciguatera, il convient d’éviter de consommer des poissons prédateurs, de se renseigner auprès des pêcheurs/poissonniers/restaurateurs locaux sur l’origine des poissons que l’on n’a pas l’habitude de consommer. Il est également recommandé de ne pas manger les viscères, le foie, la tête des poissons dans les zones à risque.
L’intoxication par tétrodotoxine (« fugu ») se produit après consommation de « poissons globes et parfois, de certains coquillages. La toxine contenue dans les poissons, bloque les canaux sodiques voltage-dépendants des membranes cellulaires. Ces intoxications sont bien connues au Japon, en Chine, à Taïwan (avec un savoir-faire également reconnu dans la préparation de ces poissons), mais elles s’étendent aux pourtours de la mer de Chine jusqu’en Australie, Océanie et Inde, en Méditerranée (migration des poissons par le canal de Suez), sur les côtes atlantiques du Brésil, ou dans le Pacifique.
Après intoxication, l’apparition des signes cliniques est rapide en cas d’intoxication sévère (5-45 min) mais peut être décalée de plusieurs heures. Elle se manifeste par des signes généraux (malaise, sueurs, arthralgies, myalgies…), neurologiques (paresthésies, allodynies, ataxie, anomalies pupillaires, dysgueusie, aréflexie… jusqu’au coma), digestifs (nausées-vomissements, diarrhées, douleurs abdominales), cardio-vasculaires (brady ou tachycardie, hypotension) ou pulmonaires (dyspnée, troubles respiratoires). La mortalité peut atteindre 10%.
L’Angiostrongylose humaine (ou Angiostrongylose nerveuse) est une maladie parasitaire due à un nématode, Angiostrongylus cantonensis. L’homme, hôte accidentel, développe une pathologie neurologique à type de méningite et/ou encéphalite à éosinophiles d’évolution souvent favorable chez l’adulte mais potentiellement grave en particulier chez l’enfant.
Décrite progressivement dans le monde entier, la maladie est endémique en Chine, en Asie du Sud-Est, en Australie et dans les îles de l’océan Pacifique où des épidémies ou des cas sporadiques ont été signalés. Elle est également observée dans des îles de l’Océan Indien, en Jamaïque et au Brésil.
Les sources de transmission varient selon les zones géographiques mais sont généralement liées à la consommation d’hôtes intermédiaires crus ou insuffisamment cuits (escargots, crevettes d’eau douce, crabes de mangrove, …). Dans d’autres cas, le principal mode de contamination rapporté est l’ingestion par contact direct ou indirect de bave de l’escargot géant africain (Achatina fulica) : espèce considérée comme invasive et présente dans la plupart des régions intertropicales du globe.
La prévention repose sur l’éducation alimentaire (abstention de la consommation de certains plats exotiques à base de poissons ou d’invertébrés crus ou peu cuits et/ou de crudités). Les voyageurs doivent également être informés du risque de contact direct avec l’escargot géant d’Afrique, notamment pour les très jeunes enfants susceptibles de se contaminer en le portant à la bouche.
Des parasitoses peuvent aussi être transmises par la consommation de poissons d’eau de mer (anisakidose principalement) ou d’eau douce (gnathostomose, clonorchose…).
L’ingestion de la chair de certains oiseaux peut également être toxique (la caille des blés en Europe et Afrique, l’oie de Gambie en Afrique sub-saharienne, la gélinotte huppée en Amérique du Nord et au Royaume-Uni, la colombine lumachelle en Australie…).
Par ailleurs, on rappelle que la consommation de lait cru ou de produits à base de lait cru expose à certaines maladies comme la listériose, la brucellose ou la fièvre Q.
La consommation de viande peu cuite expose également aux risques de trichinose, toxoplasmose…
Autres risques liés à un contact rapproché avec des animaux (maladies vectorielles exclues)
Le contact avec le pelage de certains mammifères expose aux dermatophytoses, et à l’ingestion de certains parasites intestinaux de l’animal déposés sur le pelage.
Lors de séjours en milieu sauvage en Afrique subsaharienne, il existe des risques d’infection par des Orthopoxvirus (virus mpox, présent chez 5 à 10 % des grands singes) et par des virus des fièvres hémorragiques (Ebola, Marburg…). La manipulation de gibier dit « de brousse » ou le contact avec des déjections de chauves-souris frugivores exposent à ces virus.
Un vaccin contre la souche Ebola Zaïre est commercialisé mais n’est pas recommandé en prévention chez les voyageurs. En cas d’épidémie d’Ebola, il est recommandé de ne pas voyager dans la zone concernée.
Les personnes qui voyagent dans le Nord de l’Afrique (Tchad, Soudan, Somalie, Maghreb, Machrek) ou la péninsule arabique et ont des contacts avec des camélidés s’exposent à un risque d’infection par le virus Camelpox ou le coronavirus MERS-CoV. Les chameaux peuvent également transmettre la fièvre Q (jusqu’à 60 à 80 % des animaux au Tchad, au Soudan, en Algérie, dans la péninsule arabique), la brucellose (10-25 % des dromadaires) et la tuberculose.
La fréquentation de grottes ou cavités comportant des chauves-souris expose au risque d’histoplasmose et de rage.
Importation d’animaux
À l’exception des animaux répondant aux conditions réglementaires d’importation (espèces dont le commerce est autorisé, statut sanitaire et vaccinal faisant l’objet d’un certificat officiel), l’importation d’animaux domestiques ou sauvages est strictement interdite et peut donner lieu à des sanctions pénales et financières lourdes.
Pour voyager à l’étranger avec son animal de compagnie, le voyageur doit se renseigner en amont sur les formalités à accomplir et la réglementation applicable selon le pays.
Source : Guide des Recommandations Sanitaires du Haut Conseil de la Santé Publique pour les Voyageurs